20/03/2008

I kill myself to make them pray

 

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Humeur Musicale : Thick as a brick de Jethro Tull
Humeur d’Emma : Papa, ze t’aime mwoaaaaaaa
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De touts les mots, étriqués de conscience, écrasés par le bitume lorsque le sol est mouillé, ces fleurs de goudrons, qui se recroquevillent et qui éclatent leurs corolles pour mieux respirer l’âcreté profanée et le parfum violé, de touts les mots que je n’ai pas vernis et qui se sentent trop petit, même trop translucides, par l’embrasure des portes et le cadrage des murs qui ne laissent passer aucune fenêtre durant le renouveau du printemps, fébrilité de deux corps qui se croisent encore, et qui malgré tout acceptent l’oppression oppressée d’un espace confiné et le craquement des peut êtres lorsque le choix ne vous appartient plus.

De touts les mots, subjugués par tes yeux, illuminés par les feux quand ton regard étincelle, du vert le plus bleu, voire même le plus gris, quand tu pleures un peu et que ton cœur Sanscrit dans le grand livre commencé, enluminé par nos vies qui se sont cachées pour mieux nous surprendre, pour mieux nous apprendre que le poids du verbe qui s’est trop terni, est bien plus beau que l’infini remords de ces paupières closes qui cataractent l’ennui d’un monde délavé, depuis que tu l’a sous exposé de tes pensées argentiques.

De touts les mots, puissants de connivences, effacés quelquefois dans les lignes trop blanches du cahier à spirale décalqué à la main, aux traits imprécis qui fait que demain cela restera écrit, au moins pour des siècles et les centuries lorsque l’on renaîtra et que l’on saura pourquoi, il suffira d’une fois, rémanence magnétique, résurgence électrique, explosion cinétique, il suffira d’une fois et de touts les mots pour que le ciel de notre enfer, redevienne la terre, on se créera des mondes pour ne pas y vivre mais pour y laisser le poids de nos excommunications, a peine divulgués aux communs auréolés, élancés de bontés lorsqu’il ne s’agit que d’eux,  mais quand notre Nous, éclipseront leurs offrandes, ils devront bien comprendre que leurs refrains repus et brûlés du bout des lèvres, ne chanteront plus lorsque la nuit se lève.

De touts les mots, qui constitue la liste barrée et raturée, pour que l’amour subsiste dans ton cœur sur exposé, sur explosé de ta capacité à aimer l’inconnu, juste parce qu’il t’émeut et qu’il a compris le mécanisme de tes rouages et la beauté de ton visage le matin au réveil, dans Nos mondes sans soleil, il a fallu pourtant se laisser aller et ne pas succomber à l’envie de devenir grand et brillant, des étoiles crachées se sont allumées aux alentours de l’espace, pour ne pas que l’on se perde et pour ne pas perdre ces liens incommensurables qui font de Nous ce que beaucoup auraient aimé avoir été.


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Photo : Nuki D 

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26/02/2008

L'écume des joues

 

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Humeur Musicale : Funeralopolis des Electric Wizard
Humeur d’Emma : un bisou barreau papa !!!
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C’était une de ces soirées d’été, moites et dégoulinantes de candeur lorsque l’on s’efforce d’ouvrir les yeux et que l’on se rend compte que finalement, il valait mieux les laisser fermés.  Mais il était trop tard pour occulter la persistance rétinienne, il était trop tard pour faire semblant que les alentours n’existaient pas et il était trop tard pour nier la confidence du souffle annonciateur de pluie qui déjà, tambourinait aux vitres, syncopée et cadencée par le rythme du puissant.

J’étais éveillé dans ce lit trop triste qui ne me rassurait plus, trop fatigué pour rêver d’Elle, d’ailleurs, j’avais le sentiment qu’Elle ne rêvait plus vraiment de moi ou alors de bribes en bribes, quand la pesanteur était trop forte et qu’Elle voulait s’offrir quelques minutes de bonheur pur et intense.  Je suppose qu’Elle se réservait et savourait ces moments, souvenir des sucreries de l’enfance où l’on avait droit qu’à un voyage, un seul à la fois, un seul pour la journée, un seul : déballer le papier qui enrobe les rêves, craquement caractéristique de la mise en place du décor, l’odeur concentrée du plaisir qui promet les vents et les voiles et ensuite, la mise en bouche du départ qui largue les amarres et qui nous entraîne vers l’immensité éthérée.

Je me suis levé, je suis sorti.  J’avais besoin de montrer à la Nuit battante que j’existais encore, que je serais là, toujours.  Evitant la lueur des réverbères, je laissais les gouttes ruisseler et transpercer le coton des humanisants, je les laissais se suicider sur ma peau, sans cris parce que telle est leur destinée, consciente et docile.  La fatigue se faisait de plus en plus lointaine, comme Elle et moi, évitant le soleil, fatiguant l’ombre de notre présence, de plus en plus lointaine, elle aussi.  Il n’y avait personne dehors, l’heure était trop tardive pour consommer l’amour et trop matinale pour quitter les bras qui serraient les péchés.  L’encre visqueuse des étoiles s’éveillait, dessinant les arabesques, sculptant les émotions cantonnées des bris de voix qui m’appelait au lointain, au beau milieu de ma tête.

Elle devait être en train de déballer le papier du souvenir, Elle me conviait à la connivence de l’Amour, Elle voulait Re-Vivre l’inimitable sensation des retrouvailles.  Elle m’a guidé à travers le labyrinthe de la ville, ses yeux verts m’indiquaient la marche à suivre « non, pas par là, oui, de ce côté ! », je me suis finalement retrouvé bordés de bancs et de jeunes arbres, les premiers jours renaissaient, Elle avait choisi l’endroit et Elle avait eu raison. Nous pouvions commencer la valse étourdissante des caresses, rappeler à nos corps combien il était bon de ne plus faire qu’un, combien il était bon de s’abandonner au luxuriant bonheur, combien il était important de briller dans l’écume de l’aurore.

C’était une de ces soirées d’été, moites et dégoulinantes de candeur lorsque l’on s’efforce d’ouvrir les yeux et que l’on se rend compte que finalement, on n’a plus envie de les refermer.

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19/02/2008

Schizofrenia disturbata

 

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Humeur Musicale : Forest of Equilibrium des Cathedral
Humeur d’Emma : Je veux faire des bulles !
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J’aurais dû avoir un frère, un double de moi-même, un jumeau.  Il est mort, alors que nous avions seulement sept mois, encore en gestations, cet immense lac, chaud et visqueux qui me servait de refuge, de grotte, de maison et déjà d’asile.  Je l’ai vu péricliter, juste devant mes yeux, je n’ai rien pu faire, je n’ai rien voulu faire non plus.  Les faiseurs de miracles ont dit à ma mère que j’avais puisé son énergie vitale, pour que je puisse vivre, à sa place, sans lui, malgré moi.  Les faiseurs de miracles ont dit que je serais certainement schizophrène, ils n’avaient pas tort.  J’ai tué mon frère, je l’ai englobé, j’ai passé notre cordon ombilical autour de son cou, j’ai serré, j’ai survécu, sans remords, seulement quelques regrets, parfois, lorsque j’ai l’impression d’être vivant.
J’ai hérité de sa faiblesse, un peu de bien dans toute la marée de noirceur qui entoure mes décisions et mes envies.  Pour ce qui est de la conscience rétinienne de son envol, elle, je l’ai également décédée : étouffée par les péchés.
Je ne vis pas vraiment, si ce n’est que dans le regard des aveugles, je ne vous envie pas, si ce n’est que lorsque vous faîtes semblant d’être triste.  Je reste froid lorsque je regarde la misère cotonneuse, aux traits imprécis, anéantissement de la netteté au profit du f(l)ou.
Les faiseurs de miracles avaient raison, je suis schizophrène.  Je ne vis pas avec vous, enfin, je suis au milieu de vous, présent, mais pas vraiment avec vous.  Je suis conscient des réalités, mais je ne les accepte pas, un peu comme ces gens qui se plastiquent en priant pour que la gravité ne reprennent pas le dessus.  Je suis double, moi et moi, ou peut être moi et lui.  Qui sait ?  Qui saura ?  Lui sûrement pas.
Et puis, et puis, au détour d’une dégradation mentale, Elle m’est apparue, connivente et malicieuse, Elle m’a brusqué, bousculé, accepté, désarçonné, confronté, rassuré, pleuré, aimé enfin, toutes ces choses que vous faites, lorsque vous êtes convaincu que le Feu en vaut la chandelle.  Elle m’a simplement fait découvrir ce jumeau, qui était enfuit trop profondément en moi, et qui a ressurgit du fond de mes entrailles.  Je l’ai vomit et maudit, mais tout le bien qu’il y avait en lui avait fini par déteindre sur moi, je n’étais qu’un semblant de douleur et de confusion, à l’époque, je m’étais transformé en Vous, lorsque Vous Vous réveillez le matin et que vos draps trop froissés témoignent de l’immensité électrique.  Mon jumeau avait repris le dessus et la souffrance avait fait place à cette chose incommensurable qu’est l’Amour.  Ses fabuleux yeux verts m’avaient distillé du bien être, et j’en redemandais encore et encore.  J’étais devenu junkie, mais ces molécules éthérées, c’était mon corps qui les fabriquait et qui les dosait désormais.
Je montais sur les toits, et je vivais toutes ces choses que j’avais refoulées trop longtemps.  J’étais si léger, qu’il suffisait d’une pensée pour Nous projeter à des milliards d’étoiles, juste Elle et moi, planètes en fusions, création d’un nouvel univers.  J’étais si bien, Nous étions si bien, individualisme partagé, hybride et hermaphrodite.
J’étais tellement bien, que la neige se faisait cristal et que le soleil se faisait or, plombés par l’incommensurable dosage du cuivre de sa peau et du bronze foncé de ses cheveux.  L’émeraude de ses yeux contrastait avec l’améthyste de son âme, lorsque les rubis perlaient dans ses veines et palpitaient devant l’ambre de mes doigts.

Jusqu’à ce que, mon jumeau meure une seconde fois, de nouveau étouffé par le chagrin et le manque qui stagnaient autour de son cou, qui ont resserrés la corde des vies qui ne se croiseront probablement plus.  J’ai survécu, sans remords, seulement quelques regrets, parfois, lorsque j’ai l’impression d’avoir revécu.

Je suis redevenu schizophrène, mais je me rappelle de ce temps, cette renaissance partagée, je me rappelle et quelquefois, je m’envie …
 
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07/02/2008

Les champs de Vénus

 

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Humeur Musicale : Cool Number 9 de Joe Satriani

Humeur d’Emma : Ze Veux bien un Bibi au lit !

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Quelques fragments de bribes, volées aux collines lettrées, survolée par la pulpe des doigts qui s’entrechoque et qui recommence, juste pour justifier cette présence gravitationnelle qui dit : je suis toujours là.

Il y avait une ombre au Thé au Mascara cette nuit, mouvante et ondulante, je l’ai reconnue tout de suite.  La marque de ses pas sur le sable encore frais, ses gestes sensuels drapés d’étoffes subtiles, et puis, ces yeux verts que je devinais, malgré la noirceur des environs.  C’était Elle, il n’y avait pas de doutes !

Je me suis contenté de la regarder bouger et danser.  S’arrêter quelquefois, postures significatives du souvenir.  Réhabituer nos sens à redécouvrir, toucher, sentir, ne pas voir, deviner et palpiter.  Je l’ai juste regardé, les paroles ne venaient pas, constante muette qui empêche cette boule de bonheur grandir dans le ventre. J’ai goûté au vent tournoyant du subtil, lorsque des infimes particules de présence viennent vous caresser la peau, enveloppant la douceur, réchauffant la noirceur.  Je me sentais libre à nouveau, élevé et bercé, surélevé et flottant  dans l’air liquide et chaud de ce que l’on appelle communément … je ne sais plus.

Son univers entier venait  à moi, films tachetés qui se superposent d’étoiles lorsque ça brille dans nos têtes, poussières scintillantes et électriques, arquant le bleu des étincelles, craquant le son, crépitement du Cœur.  Combustion spontanée.

C’était sa façon à Elle d’être là, je veux dire, présente sans vraiment l’être mais assez pour se faire deviner, polarisante à demi teinte, contrastée entre l’envie de souffrance et le déni de l’espoir.

Je L’ai pourtant appelée, maintes fois, à coup d’insomnies sur les toits, la joie en berne et ces larmes trop ternes qui cerclent et congestionnent ce qui reste de mon humanité.  Comme si cela pouvait changer quelque chose : le déni de souffrance et l’envie d’espoir.

 

Les mots ne s’effaceront jamais, c’est bien mieux comme cela.  Parce qu’il y aura toujours ces entre lignes, le noir du fond qui est beaucoup plus lumineux pour moi que pour vous.  Même si tout s’éteint, durant ces jours sans fin qui prolongent l’infini.  Au-delà des vies et des regrets, au-delà de Ses parcelles sublimes que je m’efforce de reconstituer, nuit après nuit.

 

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28/01/2008

Reach out and Touch Faith

 

 

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Humeur musicale du jour : Mister Crowley d’Ozzy Osbourne (didjuuuuuuu le solo de Rhandy Road)

Humeur d’Emma : Je veux me déguiser en Blanche Neige pour le Carnaval !

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J’ai été votre début.

 

Vous étiez tellement beaux, parés de vos murmures grandiloquents.  Je vous regardais, à la dérobée pour ne pas vous déranger.  J’aimais sentir votre peau qui se croisait, vos doigts qui se serraient formant ce labyrinthe vivant dont l’unique issue était l’étreinte vivante et omnibulante.  Vous voguiez par dessus les marées de soleil, brisant les rayons blessant, vous protégeant, l’un et l’autre de l’absolu recommencement, découvrant vos épaules du poids des non dits, recouvrant d’étoffes les fruits du vent d’été.

 

Vous étiez tellement beaux, illuminés par les candeurs adolescentes.  Vos bouches entremelées, goûtant le paradis que Vous Vous étiez créés : acidulé par l’envie, sucré par le besoin d’être ce que Vous n’aviez jamais ressenti auparavant.  J’aimais ressentir cette douceur opaline, feutrée du coton de l’abandon qui s’en remet aux lendemains glorieux du Recommencement quand vous reveniez vers moi, hibernant déjà dans les méandres vaporeux.  Les déchirantes promesses au bord du coeur,  Vous distilliez vos perles d’alun comme le grain de Votre peau, serré et aligné, velouté et parfumé, immersion fusionelle du goût et de l’odeur.

 

Et puis, finalement, Votre fin ...

 

Lorsqu’Il est revenu, une nuit froide d’automne, secoué par les tremblements des étoiles qui disent Tic-Tac : le temps qui s’écoule éloigne l’espace-temps, ces années lumières qui grandissent, distance et minutes, tristesse et nostalgie.

Je l’ai revu, embrumé des toits où Il aimait tant se réfugier, espace poudreux où les mêmes étoiles redevenaient mystère et illusion, à son insu.  Je l’ai revu, vapeur parmis les vivants, narguant ces passants qui se tenaient par la main, cherchant un coin où une autre histoire serait probablement écrite, cherchant la transparence, où une autre vie se devait de commencer, encore et encore, comme ces milliers d’entre nous qui n’ont pas encore compris.

Je l’ai revu, magnifique dans sa mélancolie, accompagné des souvenirs défunts, immenses de vérités quand il était encore Fou et que modestement, Elle se faisait Reine, simplicité marbrée d’émeraude, lézardée ça et là par le sempiternel ...

 

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11/01/2008

Embryon

Humeur Musicale :  God hates us all de Slayer

Humeur d'Emma : Sweet dreams

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Malgré toutes les tentatives, je n’étais pas encore mort.  Cela n’aurait de toutes façons servi à rien puisque je suis condamné a revivre ses grands yeux verts, encore et encore, encore et certainement pour toujours. 

Alors, j’ai pris ma fidèle, je l’ai caressée tant que j’ai pu, je lui ai parlé, parlé d’Elle, parlé de Nous, pour qu’elle comprenne, pour qu’elle vibre des passions moroses et déchues.  Je lui ai projeté le souvenir de Sa voix, de Son odeur, de Son élégante façon de ne pas dire je t’aime, ou juste une fois, à cause de la timidité cellulaire. 

Elle chuchotait, d’un ton bleu et lascif, je l’ai prise dans mes bras, j’ai écouté ce qu’elle avait à me dire, elle m’a parlé d’Elle et de Nous, elle avait compris, comme toujours.

Je l’ai emportée sur les toits, réminiscence rétinienne, impression de déjà vu, déjà vécu, mais de renouveau, enfin plutôt, de peine à peine contenue.  Oui, ça doit être cela, la solitude et le morceau de bois, la certitude aux abbois qui font que les choses ne seront jamais les mêmes, à moins que les illusions qui me bercent, malgré la lucidité finissent par avoir raison … de moi.

Une crépitante au milieu des doigts, le métal des six destinées tendu à tout rompre, je pouvais commencer l’incantation, la mélopée qui me sortirait du brouillard, les notes s’accrochant au filet mouvant des possibles, me montrant un chemin, tortueux et sinueux, comme toujours.

J’ai revécu le Thé au Mascara, je L’ai reprise dans mes bras, les doigts courant sur le manche, à la recherche d’une combinaison, d’une clé, d’un mélange de douceurs pour me réconforter, je L’ai reprise dans mes bras, c’était si bon, c’était comme quand j’avais la portée et que les notes se mélangeaient, distordues et possessives, amalgame aérien et terre à terre.

Naturellement acoustique, comme quand son âme s’offrait à moi, les veines rythmées par le tempo et le blues qui s’écoule de nos yeux, formant les rivières cristallines de ce vent qui est désormais gelé.

Naturellement électrique, comme quand son désir s’offrait à moi, échange de peau et de caresses, a coup de parfois aussi subtilement que les sûrement de l’Amour simplement consommé, subtilement condamné.

Lorsque la musique s’est interrompue, l’aube pourpre venait de s’inviter dans le ciel, trouant ça et là le noir des étoiles avec la lumière du désespoir.  J’ai fermé les yeux, juste pour me cacher la peau du brillant du renouveau, je ne voulais pas guérir parce qu’Elle est plus qu’une souffrance, Elle est cette exquise douleur des regrets … comme toujours.

 

Photo : Mira 

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20/08/2007

Give Up the dream

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Humeur Musicale : People are strange de The Doors

Humeur d’Emma : Yeaaaaaaaaah, la musique !!!

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  "J'ai vu tant de choses que vous humains, ne pourriez pas croire. J'ai vu de grands navires en feu surgissant de l'épaule d'Orion. J'ai vu des rayons fabuleux, des rayons C, briller dans l'ombre de la porte de Tannhauser. Tous ces moments se perdront dans l'oubli, comme les larmes dans la pluie. Il est temps de mourir." 

Rutger Hauer

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13/08/2007

Both sides of a Gun

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Humeur Musicale : Sweet Child of Mine des Guns and Roses

Humeur d’Emma : Hoooooooo, que c'est mignon le zanimaux !

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... Malgré le Temps qui suppose cet éloignement infini,

Au plus loin des recommencements perdus de l'Histoire, 

J'ai appris que le sacré qui brûle sa passion s'enfuit,

Et qu'il serait indécent, de La forcer à vouloir l'illusoire.

Et pourtant, sur les toits du Mascara, je La guête chaque nuit, 

M'usant les yeux parmis les étoiles, espérant retrouver son regard,

J'attise les feux, convoite ces misérables heures sans qui, 

Par delà les rares filantes, il me vient cet infirme espoir ...

[Un chapelet d'heures, la fin bouclant le recommencement, Nola sur les toits, la nuit qui Sanscrit, la Dame dans le troisième quadrant, suspendue de mouvements ... ] 

 

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16/07/2007

... In The Sky With Diamond

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Humeur Musicale : Death Cult Armageddon de Dimmu Borgir

Humeur d’Emma : Piscine, et plouf a Emma !

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… And in our plasticine dreams,

Love is dealing with what it seems,

remembering the shadow of your green eyes,

scuse me, while I kiss the skies …

 

[Samedi, la nuit entre 2h38 et 4h23 , Nola sur les toits, la nuit verte entre dans son dernier quadran, la Dame la suit ... ] 

 

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09/07/2007

Qui es tu (deux) ? / Quiétude

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Humeur Musicale : Wonderful World des Ramones

Humeur d’Emma : Prouuuuuuuuuuuuut

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Je me suis posé au Thé au Mascara, hier soir.  Elle était étendue sur le côté, le cœur en attente et le corps en demi-teinte.  Ses yeux somnolaient déjà, d’une agréable et douce légèreté, ils s’étaient coulés en de longues vagues roulantes, pétillantes d’embruns subtilement gazeux et salés.  Elle avait tapissé l’endroit avec des couleurs d’oranges et d’abricots, clairsemé ça et là d’effluves de terra cotta.  L’accueil était propice à l’abandon des enveloppes charnelles, lorsque les âmes se réunissent pour un Sabbat divin.  Elle avait créé une aura de sublime quiétude, avec de longs espaces temps pour suspendre le monde aux alentours.

Je me suis assis en tailleur, Elle a posé la soie de son visage, sur le lin de mes émotions.  Nous sommes restés un long moment, caresse contre caresse, le creux de mes poignets offerts au cuivre de sa peau.  Tout s’insinuait, s’emboîtait comme dans un puzzle vivant, sans forcer, l’image se construisant au fur et à mesure des positions qui englobait la force et l’abandon, l’homme et la femme disséminé en un parfait androgyne, de sorte que nos effluves se mélangeaient pour former un tout harmonieux.

J’avais besoin d’Elle, autant qu’Elle avait besoin de moi.  Il nous fallait retrouver un rythme, autant qu’un hymne.  Elle m’a simplement demandé de lui ouvrir les bras, pour qu’Elle puisse y loger, le temps qu’Elle désirerait, les brumes de mon feu intérieur crépitant contre les étincelles de ses envies.

Je lui ai donc ouvert mes bras, le soleil s’y échappant tel un été rouge, les images distordues par la chaleur du bitume, les couches d’atmosphères s’épaississant au fur et à mesure que l’on s’approche du sol.  Elle s’y est blottie, se calant aux courbes de mon corps, se calfeutrant de l’aliénation du silence.  J’étais bien en réceptacle, écrin marbré de cette perle verte et unique trônant au beau milieu des tapisseries lourde de sens.  J’étais bien, priant l’aurore pour qu’Elle le soit aussi.  J’étais bien, chuchotant avec l’aurore pour qu’Elle ne se réveille pas …

 

 

Photo d’Inez Suarez

 

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04/07/2007

Echographie amoureuse

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Humeur Musicale : Lilac Wine de Jeff Buckley

Humeur d’Emma : des souuuuuuuuuuuuus !

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-         Tu vois cette tache lumineuse, là, dans le brouillard ?

-         Oui

-         C’est Nous …

 

[Hier Soir, entre 28h43 et 29h74, le sentiment de s’être égaré, se recueillir, ouvrir les yeux et se rendre compte que le chemin venait subitement de s’éclairer]

 

Photo : Sarah D. Kiefer

 

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27/06/2007

La corde raide/l'accordeur aide

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Humeur Musicale : Fake Plastic Trees de Radiohead

Humeur d’Emma : Poupousss

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A l’heure de ma dernière vie, quand j’aurais vécu toutes celles que je me suis imaginé, je pourrais enfin couper les cordes qui me relient à votre monde et qui ne m’attire plus, toutes excepté une seule, pointant vers le ciel, rugueuse et droite comme les lances qui transpercent les flancs des innocents meurtriers et qui jusqu’au dernier moment clament leur candide culpabilité.

Je me cacherai devant la rédemption, j’ai cessé d’y croire : aimantation vers le sol des vivants démagnétisée par le poids des blessures que nous portons en nous et que l’on appelle le passé.  J’ai vraiment cessé d’y croire, parce que le pardon n’efface pas au contraire, il met en évidence la honte d’une âme plus faible envers une autre, beaucoup plus forte, implorant la Force Divine, celle là même qui veut nous faire croire que la torture et le crime de son propre fils ont étés exécutés au nom de l’Amour et non de la putride Pitié.

Vous serez tous là à observer le pantin de bois, inarticulé et vide, se balançant sur un piédestal immatériel, dernier rempart contre la conscience, image holographique de l’assise qui basculera. Vous serez là à vous demander pourquoi, mais ne cherchez pas, il y a certaines histoires qui ne méritent pas d’êtres racontées et surtout ne me pleurez pas parce qu’il y a certaine mémoires qui ne méritent pas d’être ravivées.  Soyez  juste vous, enlevez vos masques de tristesses, ajustez vos robes et vos cols.  Vous serez tous beau devant ma mort, vous lui sourirez parce que je vous offrirais mes éternels.  Ils ont été apprivoisés avec soin, ils m’ont aidé à devenir, ils m’ont aidé à souffrir et à aimer, à moins que ces deux derniers ne veulent dire la même chose mais croyez moi, sans eux, je n’aurais pas eu la force, et sans eux, je me serais éteint bien avant de mourir.

A Toi, magnifique inconnue aux yeux verts poudreux comme des pigments d’orages, je te laisse mon dernier souffle.  J’aurais aimé que tu me caresses une dernière fois, que tu m’emportes dans tes entrailles, que tu me dises que sans moi le rituel ne serait pas le même, une dernière fois.  Mais je n’étais pas assez pour m’immiscer dans ta sublime magnificence.  Je n’étais que moi, parmi mes moi, et malgré tout, ce n’était pas assez.

Alors, emprunte de la grâce des grandes, tu t’approcheras, une dernière fois, tu approcheras ta bouche de la mienne et mon dernier souffle se fera soupir.  Langoureux et sensuel comme quand les nuages se déchirent et que les premières gouttes électriques viennent huiler nos corps nus et enlacés.  Langoureux et sensuel comme quand la couronne que tu portes vient se briser sur le sol, éclatée en mille joyaux, la fierté de la Reine devenant l’innocence de la femme, le courroux de ton Roi l’emportant sur la sagesse du Fou, qui habitués aux diagonales de tes sentiments se flétri, à l’emporte pièce.

 

[Aujourd’hui matin, entre 5h17 et 5h30, au fond d’une grotte, les larmes imbibées de mescaline, juste pour me voir mourir, une dernière fois]

 

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12/06/2007

Love Letter

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Humeur Musicale : Inner Suicide d’Injecting Khaos

Humeur d’Emma : Poupousss

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Au creux de mes doigts glisse l’enveloppe blanche et satinée, elle vient se déposer sur la table, telle un drap de vent en mouvement.  Je relis l’adresse, embrasse la destinataire une dernière fois.  Lettre d’Amour qui s’en ira, comme un appel hurlant vers ses pensées.  Des mots que l’on lit et qui résonnent dans la tête oubliant les lamentations du cœur et la faiblesse de l’espérance ne gardant qu’un ultime tremblement en guise d’émotion.

 

Du bord des lèvres s’extirpent les mots de l’enveloppe blanche et satinée, ils viennent se déposer sur son parfum cuivré et capiteux mariant le ressac des sentiments et la marée du Clair de Lune.  Lettre d’Amour qui s’en ira, comme les prières du Thé au Mascara.  Des mélopées qui enivrent et qui étourdissent, des répondants courts, chuchotés à peine parlés.  Des regards, plus que des paroles, dans son obscurité si verte, alambiquée d’absinthe crucifiée par l’ardeur des non dits.

 

Du bout des yeux pleure l’encre de l’enveloppe blanche et satinée, les mots s’agrandissent comme des cristaux démesurés au fur et à mesure que les gouttes salées les déforment.  Lettre d’Amour qui finalement ne s’en n’est pas allée, retenue par la peur de savoir ce que finalement, on craignait le plus.  Des lignes qui s’entremêlent, comme les vies qu’elles décrivent, noire comme la plume du corbeau, mais luisante comme l’argent qui glisse le long de la pointe à parole.

 

Lettre d’Amour, parchemin des érudits, des écrits qui aiment et des paroles qui attendrissent.  Lettre d’Amour, pourquoi, un soir d’hiver, t’es-tu brûlée, consumant ce qui me restait de vie et d’envies, emportant les traces patinées des caresses du petit matin, usant les regards ténébreux et appuyés des deux qui se sont toujours aimés.  Lettre d’Amour 

 

[Mardi Matin, entre 4h03 et 4h35, le sentiment d’avoir dû le faire, la blessure de ne pas l’avoir fait, le cœur crissant sous la plume, l’errant se noyant dans l’écume]

 

Photo : le Thé au Mascara, la tristesse crépusculaire annonciatrice.

 

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14:18 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook |

30/05/2007

La Reine et le Soldat

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Humeur Musicale : She said Evil was her name de Popa Chubby

Humeur d’Emma : Pisciiiiiiiiiiine !!!!

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La  plaine fumante d’ardeurs non feintes s’est recouverte d’un épais manteau protecteur.  Au début, seule une fine couche craquante de scintillement était venue ternir leur brillance écarlate, mais il était dit que ce serait la base, une sorte de fondation dure et solide qui viendrait asseoir les différentes strates de l’éloignement.  Il était là, Elle était là, mais cette entité fondatrice était devenue trop lourde à supporter tel un schisme amoureux qui privilégie l’Amour de soi à l’Amour tout court, ce besoin de redevenir le loup noir et solitaire aux canines trop acérées pour faire du mal, sensuel et mystérieux.  Il fallait se tenir à l’écart des sens, loin de la meute, loin de toutes civilisations, loin tout simplement.

Il a neigé tout l’hiver, les traces que deux cœurs avaient formés, ensemble, se sont mélangés aux cristaux glacés de l’aube reflétant le firmament des étoiles, ils les voyaient du dessous, à travers la bulle de verre blanc protectrice, ils s’imaginaient les vies qu’ils avaient vécus, ils s’imaginaient les morsures du crépuscule quand, côte à côte ils se touchaient et s’embrassaient, lacérant les idées reçues comme autant de pantins inarticulés.  Ces deux là ont grandi, à leur manière, d’adultes, ils sont redevenus enfants, l’innocence faisant place à la raison, ô combien délicieuse quand le sucré fait place à l’amer.

 

Mais il a neigé tout l’hiver et la plaine fumante s’est recroquevillé sur elle même.  La vie s’y était endormie, les ardeurs et l’Amour aussi.  Les plaques de glaces s’étaient détachées sur la mer de leur envie, chacun suivant le courant qui semblait les mener plus loin que leur destinée.  Ils s’étaient dirigés, se fiant aux étoiles, chacun vers la constellation qui semblaient leur correspondre le mieux, toujours en gardant un œil l’un sur l’autre, furtif et bref comme le sabre qui coupe les vies et que s’écoule tout à coup le précieux éveillé.  Ils s’en étaient aperçus, ils s’étaient entr’aperçus aux détours de quelques mots, cassant et effilés comme du métal poli.  Celui qui s’enfonce en vous, lentement, perçant vos chairs et mettant votre âme à nu.  Cela ne faisait pas mal, au début, parce lorsque que la lame s’insinue entre vos côtes, qu’elle perce la carapace rugueuse on ne s’en rend pas compte tout de suite, ce n’est qu’après, lorsqu’elle s’approche à quelques centimètres, à l’intérieur, cet après qui est déjà trop tard, c’est là, précisément à ce moment, que vous n’êtes plus qu’une loque, un chiffon crasseux, une entité livide qui à enfin compris que vous n’êtes plus.

 

Mais, il a arrêté de neiger sur la plaine fumante, et malgré les vestiges blancs et crémeux de l’isolation, la vie ne s’était pas enfuie.  Au contraire, réchauffée par les rares rayons qui arrivaient à s’immiscer entre les gouttes d’eau solide, elle était sortie de sa torpeur, battement diffus, lent mais constant.  Au fur et a mesure de l’émergence, la destinée commençait à poindre, l’urgence voulait le contact, de n’importe quelle manière, pourvu qu’une liaison hybride se rétablisse, dans les deux sens magnétiques des pôles attractifs.  C’était beaucoup trop flagrant que pour être contenu, beaucoup trop unique pour être perdu.  Ils le savent, ils ont besoin l’un de l’autre, peut être pas de la même manière, ou enfin, oui, de la même manière, excepté qu’ils le disent autrement.  Mais ce qu’ils ressentent, hors des contrées de la négation, des terres brûlées et arides, hors des sempiternels au secours de ces autres qui ne donnent même pas de plaisirs est totalement identique, exclusivement identique.  On se ressemble tellement dans nos différences, qu’il est illusoire de ne plus y regarder au travers !

 

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13:06 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

29/05/2007

Enfin ...

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Humeur Musicale : Super Colossal de Joe Satriani

Humeur d’Emma : Je me suis déguisé en petit lapin et j’ai dansé à la fête de l’école !!!

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Et Puis, Soudain, Toi ... Ombre et lumière de la Femme Soleil.

 

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10:51 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

21/05/2007

Faut dire qu'Elle était belle comme une perle d'eau ...

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Humeur Musicale : Scarlett Garden de My Dying Bride

Humeur d’Emma : Samedi, pour la première fois j’ai dit « Je t’aime » à mon Papa

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Je passe de plus en plus de temps au Thé au Mascara, ces temps ci.  Une fois la porte poussée, allongé à travers les effluves piquantes des souvenirs écarlates, je laisse venir à moi, les impressions bleues de la nuit des temps.

Je La vois, comme à l’accoutumée, ondulante de sensualité, la peau tellement douce, que même le sable du sol, ne s’y accroche pas, il s’écoule inexorablement, le long des chemins huileux de son désir.  Je La vois, mais j’ai l’impression que le verre de l’orgueil nous sépare encore.  Elle est là, en face de moi, mais je me heurte aux parois translucide de son incandescence.

Pas encore de contacts, je ne fais juste que la regarder.  Femme sauvage qui s’apprivoise d’elle-même, il serait indécent de se mettre trop en avant, d’apparaître tel un de ces fantômes qui sont toujours derrière l’épaule et qui se matérialisent, aux moments les plus incongrus, aux moments où la solitude des tensions est la plus nécessaire.  Aux moments qu’Elle n’a pas encore choisis, mais, ces moments seront ils ?

Je la regarde, je la sens, je l’entends : trois sens suffisent pour le moment.  Pour le toucher et le goûter, rien n’est moins improbable.  Je suis sa courbe montante et descendante, je vogue au gré des miettes d’eau qu’elle me laissera emporter avec moi.  Je la garde à l’intérieur, à l’intérieur même des cellules qui s’échangent touts ces fluides et qui font, qu’il y aura toujours beaucoup d’Elle en moi, même si ses infimes particules ne font qu’agrandir la flaque de l’addiction et qui, goutte à goutte, se transformera en rivière, puis en fleuve et pour finir en un océan sans fin et sans communes mesures.

Jamais la non connaissance n’aura été plus poignante.  Bousculé par les raisons même de son départ, j’ai été bousculé par les raisons même de sa réapparition.  Il a suffit de quelques mots, comme toujours, des mots que l’on ose pas se dire, parce qu’on à l’impression que tout à changé, alors que la situation est la même, si ce n’est nous qui faisons semblant d’être autrement, inébranlables malgré toutes les fissures apparentes et ouvertes qui coulent en nous !  Des mots qui feront mouche, à chaque fois parce qu’ils savent ce qu’ils signifient, et que nous, pauvres humanisants, nous taisons, parce qu’il est plus difficile d’ouvrir son cœur, que de laisser s’y échapper nos tristesses.  Alors, on se demande, si tout cela vaut la peine, souffrir ?  En fait non, la souffrance n’est que la cause d’un bonheur déchu et consommé, mais la souffrance, c’est aussi se faire violence pour ne pas vivre ce bonheur, simplement parce que l’on à peur de ressentir ce bien être qui s’insinue en vous et qui parfois, vous accompagne tout au long de votre vie.

C’est le paradoxe de la vie, le bonheur et la souffrance, intimement liés, l’un ne vivant pas sans l’autre, juste parce que nous faisons en sorte qu’il ne puisse pas en être autrement …

 

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13:15 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

17/05/2007

L'éclipse vit des hauts

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Humeur Musicale : Innuendo de Queen

Humeur d’Emma : Premier pipi dans le petit pot !  Je suis hyper fière

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Les heures doutaient, en cette période de fragile retrouvaille.  La Femme Soleil était réapparue, après une éclipse totale, durant de trop longs jours poudrés de trop tristes nuits.

Une partie de Lune s’étant détachée de son magnétisme, Elle put m’envoyer quelques rayons, en éclaireurs de sentiments, en éclaireurs d’une face cachée mais toujours gravée dans la superbe.

Des rayons inquisiteurs, obliques, pas vraiment francs et osés, vous savez, comme ces fraîches journées d’avril quand le soleil ne fait que poindre le bout de son nez.  Qu’il laisse à son ami le vent la possibilité d’encore rendre les illusions fraîches et subtiles.  Comme un avant goût de ce que pourra déchaîner la chaleur, mais annoncée timidement, sans contraintes ni promesses.  Sans promesses aucunes, surtout.

Elle était gravée dans ma mémoire, la lave en fusion s’étant solidifiée, petit à petit, au fur et à mesure d’un éloignement glacé, consommé, pas encore repenti.  J’avais créé ma propre empreinte, une sorte de négatif sculpté, retenant les traits et les creux de ses harmonieuses couleurs de vert brillant et de cuivre métallique.  Sa voix qui s’écoulait comme une onde langoureuse et mouillée, vestige de la rosée du soir.  Les flammes de ses cheveux, se chevauchant comme une galopade infinie, embrasaient la commissure des lèvres, fouettant la chair d’embruns musqués.  C’était Elle, uniquement Elle, dans son entièreté de sorcellerie novice ayant peur d’étinceler pour ne plus savoir maîtriser son embrasement, la magie faisant son office sans possibilité de trouver la formule pour retourner en arrière.  Les paroles et les gestes étaient encore retenus, peut être ne redeviendront-ils jamais comme quand c’était le temps d’avant.

Ce n’est pas tant le problème, je suis prêt, j’ai déjà vécu et j’ai fait en sorte de me faire croire que je m’en suis remis.  Les sages, dans leurs lentes effusions de vérités disent que qui ne connaît pas le passé, ne pourra jamais reproduire le futur.  Qu’importe de reproduire le futur, l’important est de se re-découvir, se dépoussiérer et envisager les choses, peut être sous une courbe tout a fait différente.

Je ne sais pas si la nuit des temps, recouvrera ce tout nouveau, je ne sais pas, si ce jour est à bénir ou à maudire, je ne sais rien de tout cela.  Je me laisserai porter là où elle n’a pas encore décidé de m’emmener, je m’accrocherai aux voiles, modelées par le souffle de ses envies et de ses fureurs, embarqué comme un trésor fermé à l’intérieur d’un galion qui se laisse dériver et emporter au loin …

 

 

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13:49 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

15/05/2007

Empreinte

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Humeur Musicale : Get Outta My Life des Rebels meets Rebels

Humeur d’Emma : Voilà, j’ai eu deux ans hier !

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Heurter le Sol, Ex-Cité, l’atteindre.

Marteler le Sol, résonner, enfreindre,

Effleurer le La, Vibrer, L’Etreindre …

 

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07:58 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

07/05/2007

Soirée tendance.

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Humeur Musicale : The Neddle and the Damage Done de Neil Young

Humeur d’Emma : Bientôt deux ans !

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Attablé autour de nappes en fer blanc, j’écoutais le maître de maison déblatérer sur ce qu’il considérait comme une fragmentation de la nature humaine.  Ceux là ne parlent que pour ne rien dire, d’autant plus qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes les idées qu’ils ont certainement dû repiquer à une quelconque boîte en plastique qui rend le son et l’image, comme si vous y étiez.  Une religion cathodique, devenue plate et lisse comme cette nouvelle génération de cristaux liquides et animés.

J’ai été obligé de les rencontrer, lui et elle, imposé par une culture sociale a laquelle je n’adhère pas.  J’ai été faible, je le reconnais.  La première fois que je les ai rencontrés, je ne leur ai pas souris, c’est un signe.  J’ai tendu la main en disant : Nola.  Mais quelques temps après, me voilà assis, buvant à défaut d’autres molécules, pour ne pas me rendre compte cette ironie qui, dans une longue mélopée, se moque de moi en me disant que chacun à la vie qu’il croit désirer.

J’acquiesce la plupart du temps, je n’ai pas envie de débattre.  Il me dit qu’au 21ème siècle, le rose, pour un mec c’est tendance.  A vrai dire je m’en fous, ce n’est pas vraiment  le genre de conversation que je voulais entendre, enfin, pas à ce moment là.  « Maiiiiiiiis ouiiiiiiiiiiiii, le rose c’est trèèèèèèèèès iiiiiiiin », je lui ai répondu avec un accent de milliardaire à papa.  J’aime assez bien me foutre des gens, comme ça, à leur insu.  Enfin, non ils ont le choix de décoder, mais en général, ils ne le font pas.  On m’avait dit un jour que si vous vouliez être intégré à un groupe, il faut simplement faire comme les membres de ce groupe, singer leurs mimiques, leur mode de parler et d’être.  C’est vrai, ce gars là avait absolument raison, et croyez-moi, utiliser cela dans un but de sarcasme caustique, c’est super jouissif !  Au jour d’aujourd’hui, je ne me suis intégré à aucun groupe, excepté le groupe de hard/blues/rock/metal que je forme avec moi-même (mais je crois que l’on va se séparer, splitter pour faire iiiiiiiiiiiiin : le batteur est à chier, le guitariste se la pète un peu trop et le chanteur est mort !).

Enfin bref, j’étais au mauvais … tout.  Mauvais endroit, mauvais moment, mauvaises personnes, …  Et la sonnerie de la porte se met à carillonner comme les klaxons des Oldsmobile des années 70 (le gars me fait avec un grand sourire : « c’est kitsh hein ? »).   On ne peut plus, lui rétorquais-je, pensant que le père de ce gars, le jour de la conception de son fils avait certainement dû le finir au pipi !  Enfin, la maîtresse de maison, s’est levée d’un bond, surexcitée comme le chien de Pavlov, ses énormes seins suivant un mouvement oscillatoire accéléré, ses deux tétons transperçant l’armature de son soutien gorge, cœur croisé, modèle baleine blanche, deux plus un gratuit, livrable en 48 heures, catalogue La Redoute, page mammifère marins avec l’inscription : existe aussi en petite taille !

Débarque le super pote de la maison.  Attendez, vous allez le reconnaître !  C’est le gars qui à été élevé avec la série télévisée Friends, ses meilleurs potes se surnomment : Ross, Chandler et Joey.  Ce gars connaît les moindres recoins de la maison, il mange chez vous, se sert lui-même dans le frigo, sait exactement où se trouvent les objets usuels du genre : « Le tire-bouchons ? Dans la cuisine, deuxième tiroir à gauche, directement en rentrant » dire que votre vie n’a plus de secret pour lui est un pléonasme, et votre vie intime non plus, parce que je suis certain que notre exemplaire devait se taper la maîtresse de maison : ses gros nichons étaient encore en train de battre la chamade et lui il les regardait du coin de la bouche !  Chacun fait son lit comme il se couche et je n’ai absolument aucun jugement à porter là dessus, mais tant qu’à faire, je préfère savoir, lorsque je rentre chez moi, que le lit a soigneusement été refait, question de principes ! 

Bon, chose arrive (je ne me rappelle plus trop son prénom, alors il s’appellera chose), une bouteille de vin à la main (bizarre, je l’aurais plutôt imaginé avec un pack de six, mais bon, je suppose que le vin, ça fait plus iiiiiiiiiiin).  Il s’assied, enfin, pousse tout le monde ce qui fait que le monde à été obligé de le faire asseoir.  Et en l’occurrence, ce jour là, le monde, c’était moi.  J’ai donc rétréci mon espace vital m’astreignant à utiliser les quelques centimètres carrés qu’il me restait à bon escient, le coin supérieur droit, pour le vitriol et le gauche pour le laudanum.  Il s’assied donc, tourne la tête vers moi.  Chose se présente, je me présente aussi, tend la main et ne sourit pas (maintenant, vous savez pourquoi).  Le gars travaille de temps en temps, roule en grosse bagnole, est un fervent supporter de foot, ne connaît pas Rachmaninov ni le royaume d’Asgard (mais là, j’avoue que j’avais tout de même placé la barre assez haut), mais adore M.Pokora et 50 cent (je ne connais pas, il avait dû placer la barre assez haut, lui aussi, le bougre), s’habille comme un blanc qui est en plein trip Hip-Hop après être sorti d’une incarcération pour vol de Bubblicious chez l’épicier du coin : le dur, le pur, le burné à qui on ne la fait pas, tu comprends what I mean ?

Alors voilà, il en impose à tout le monde, il a bien évidemment mis un singlet (rose, parce que bon hein, je ne vais pas vous le redire) ce qui bien évidemment ne met que trop en valeur l’argent qu’il dépense par mois dans une salle de sport, mais ça lui revient trop cher, alors il pense acheter des machines de fitness et se faire une salle chez lui, peinard.  Il porte une chaîne, ras de cou, maille en argent grosse comme mon pouce avec suspendu, une moitié de cœur (en argent aussi) portant la mention : «aime».  Je suppose que sa compagne devait avoir l’autre moitié où était inscrit : «je t’».  Mais sa compagne n’était pas là, alors je me demandais si la maîtresse de maison devait l’avoir planqué sous son sein droit, non gauche, c’est celui du cœur justement, et le faire pendre quand ils font l’amour, quand elle est au-dessus de lui, quand il a une vue prenante sur les deux barattes à lait, et que ce putain de bordel de merde de cœur brisé vient lui écorcher la gueule, par inadvertance, lorsqu’elle à joui et qu’elle s’affale sur sa tête, redéfinissant le concept de charcuterie type : tête pressée et tête de veau (mais la tête de veau, c’est à base de sauce tomate et donc, je vous laisse imaginer l’endroit du corps qui se trouve sur sa tête, ainsi que les jours exacts, durant le mois).

C’est à ce moment là que la maîtresse de maison se lève, en empoignant  la bouteille de vin, va s’encastrer dans la cuisine, en arguant qu’une « bonne bouteille comme cela ne doit pas rester fermée », s’en suit un tonitruant : « mais où est passé ce putain de tire-bouchons ? ».  Chose se lève à son tour (c’est là que j’ai compris le pourquoi de la bouteille de vin et non pas le pack de six, et aussi pourquoi le meilleur ami connait l'emplacement du tire-bouchons dans une maison qui ne lui appartient pas)  et va tout normalement s’encastrer dans la maîtresse de maison, pardon, dans la cuisine, trois trop longues minutes.  A leur retour, la maîtresse de maison à un peu chaud et chose, en se rasseyant se met la main aux couilles, histoire de tout remettre à sa place parce que les pantalons moulant, c’est peut être iiiiiiiin, mais quand on bande, il y a tout de suite moins de place.

Tout le reste de la soirée s’est passé dans le même ordre d’idée, conversation banale (je crois que vers le milieu, déjà, ils ne parlaient qu’entre eux), moi ben, j’étais trop saoul pour parler de moi, chose qui regardait la maîtresse de maison, la maîtresse de maison qui pointait de plus belle, le maître de maison qui avait remarqué l’émotion de la maîtresse de maison et qui pensait qu’il la finirait (la soirée, pas la maîtresse de maison, suivez un peu) avec brio (et en l’occurrence, brio, c’était chose !).

 

Merde, je ne pensais pas que maître de maison savait que chose se tapait maîtresse de maison, mais bon, c’était tout de même son meilleur pote que dis-je, comme un frère pour lui !  Ce qui rend le concept encore plus dégueulasse.

 

Soit, si maîtresse de maison, maître de maison, chose, veniez lire ce blog (dans la vie tout est possible !) sachez que je n’ai pas passé une agréable soirée en votre compagnie.  Bon, je mens, c’est vrai que dans un certain sens, j’ai pris du plaisir, mais tout était intérieur, contenu.  Je sais qu’en partant, je vous ai souris, mais je pensais déjà au post que j’allais faire et que donc, cela ne doit nullement être interprété comme une invitation prochaine.

Sachez surtout que même si après ce dîner, j’ai eu la palme incontestée du champion de monde du dîner de con (parce que je suppose que c’est de cela qu’il devait s’agir), regardez le DVD une huitième fois parce que pense que vous n’avez pas saisi TOUTE l’ironie , compris Mr Leblanc ?

 

 

PS 1 : Pour les lectrices qui auraient des seins dignes de ce nom, et qui vont chercher du soutien dans le catalogue La Redoute : Pardon.

PS 2 : Pour les lectrices qui n’auraient pas des seins dignes de ce nom, le catalogue La Redoute fait aussi dans les petites tailles, néanmoins : Pardon aussi.

PS 3 : Elle est beaucoup trop chère, 600 euros pour une console vidéo, c’est un peu exagéré.

PS 4 : Si vous avez été élevé avec la série télévisée Friends, pas de Pardon, on ne peut plus rien pour vous.

PS 5 : Pour les lecteurs et lectrices qui pensent que le rose c’est tendance : Pardon, mais d’ici un été, vous changerez de couleur tendance et vous jurerez haut et fort que le camaïeu de bleu est trop Top.

PS 6 : J’adore les Bubblicious.

PS 7 : Si un jour nous sommes amenés à être présenté et que d’emblée, je ne vous souris pas, c’est mal barré !

PS 8 : Si je vous souris en vous disant au revoir, c’est mal barré² !

PS 9 : Si vous ou votre copain/copine/concubin/concubine/mari/femme/fuckfriends (parce que c’est tendance aussi, pour le moment) portez ces fameux cœurs brisés en collier pour montrer votre engagement amoureux envers votre copain/copine/concubin/concubine/mari/femme/fuckfriends et tout le tralala : Pardon.

PS 9 : Si après avoir lu ce que vous venez de lire vous ne désirez pas être présenté à moi, je peux tout à fait comprendre, si si, je vous assure, moi aussi, quelque fois, j’ai du mal avec moi.

PS 10 : Si vous êtes un chaud lapin et que vous mettez des jeans moulant, ne bandez pas, ça ce voit tout de suite !

PS 11 : J’aurais aimé passer la soirée avec La Belle Inconnue aux Yeux Vert, mais il ne sert à rien de remuer le couteau dans la plaie, ne trouvez-vous pas ?

 

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15:59 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

23/03/2007

Snapshot

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Humeur Musicale : La Fanette de Jacques Brel

Humeur d’Emma : Sourire ...

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-         Pas moyen de me chasser de ton esprit, n’est ce pas ?

-         Non, tu y es ancrée, comme un besoin, comme une harmonique qui larsen à l’infini, puissante, brillante … toujours présente !

-         Alors, assied toi, prends ta guitare et joue moi une mélancolie …

 

 

[Mardi Après midi, entre 14h28 et 14h31, les yeux ouverts, les pupilles dilatées, l’extérieur éteint, l’intérieur en ébullition, la cata [tonie] [lepsie] faisant leurs offices]

 

 

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15:46 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

12/03/2007

Laisse moi être ta fantaisie.

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Humeur Musicale : Gente di Mare de Tozzi et Raff (mais oui, souvenez vous, ça avait fait un carton à l’eurovision ;-))

Humeur d’Emma : Papa, donne Lula à Emma.  Traduisez : Petit papa chéri, je peux avoir du chocolat, s’il te plaît ?  Je te promets que je serais sage … juste le temps de le manger !

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-         Il y a des mots et des gestes que je ne peux t’offrir !

-         Et pourquoi ?

-         Parce qu’ils n’appartiennent qu’à moi !

-         Mais comment essayer de m’inclure dans ton monde alors ?

-         Qui a dit que tu en faisais partie ?

-        

-         Mais je pensais que …

-         Tu penses trop, Nola, un jour tu mourras seul.  Seul dans une boîte saturée de mauvaise naphtaline, on louera ces pleureuses, payées à la larme avec un bonus si elles s’évanouissent.  Elles se traîneront derrière toi, en grappes trop juteuses, comme une poudre noire d’échappement, encrassée par cette vérité qu’elles croient pleurer, mais qu’elles ne connaissent pas !  Tu seras enterré en même temps que nos souvenirs.  Tu pourriras de pitié, aussi grande que soit ta pierre tombale !

-         Mais, c’est horrible !

-         Vas  t’en, tu n’es déjà plus …

 

[Samedi matin, entre 5h18 et 5h32, un cauchemar, une torpeur, de la peine, un réveil abrupt mais les rayons dorés du soleil qui faisaient briller l’amour défunt de ses yeux]

 

 

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08/03/2007

Autoportrait (2/2)

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Humeur Musicale : The Queen and the Soldier de Suzanne Vega (à écouter absolument, les paroles sont superbes !!!)

Humeur d’Emma : et pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiii ???? (Ad Lib)

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… Elle avait raison, je pense bien que la torture ne fasse que commencer, il qu’il me faudrait poursuivre l’insondable chemin qui sépare la raison de la connaissance …

Que voulait-Elle dire ?  Pourquoi Autoportrait ?  Merde, j’ai un tabouret devant moi, avec quatre pieds et quelques fils accrochés qui y pendent !  C’est du grand n’importe quoi, ce n’est pas de la torture, c’est juste un genre de cruauté.  J’y ai passé toute la nuit, les fugitives s’entrechoquaient en moi à la vitesse de la lumière, mais rien, pas une ébauche de solution,  même pas un début ! Pour la première fois de ma vie, j’étais nu et frêle devant l’adversité, devant ce moi-même qu’Elle à découvert et que je peine à rencontrer.  Je n’ose pas lui demander la solution, Elle rirait de ses yeux verts moqueurs et pire, je crois que cette défaite abolirait le peu de relation qui nous reste, comme si j’étais vaincu, terrassé par la légèreté de ma propre stupidité, de l’incapacité du devenir : cauchemars récurrents où gamin, toute la classe se moque de vous en riant et que vous ne voulez pas savoir pourquoi.

C’est ma faute, j’ai milles vies en moi, milles vies que j’ai vraiment vécues, pas au sens matériel du terme, bien sûr, là haut, par delà les toits, au Thé au Mascara ou encore dans l’obscurité des vivants,  enfin partout où je me sentais libre, aimé et aimant.  J’ai vécu toutes ces vies, m’idéalisant une image et une pensée en les projetant tout autour de moi,  narguant mes propres désirs, annihilant mes propres faiblesses et essayant d’apporter aux autres tout ce que je cherchais à recevoir, peu m’ont compris, une m’a compris, c’est bien assez comme cela.

Le bien, le mal, la douleur et l’amour, voilà ce que je cherchais, voilà ce qu’Elle m’a offert et voilà ce que, malgré les apparences, Elle m’apporte encore.   C’était exquis et perturbant en même temps, distillé comme des grains d’eau qui s’évaporent dans le feu mais qui deviennent vapeur en remplissant l’air, le chargeant de douces particules humides et oppressantes.  Des grains d’eau alimentant la clepsydre perlant le tic-tac de la Vie.  C’est un peu comme les quatre piliers d’un immense tout, d’une immense assise.  Les quatre piliers … d’un tabouret ?

 

Les secondes qui suivirent ne furent que pur silence, immaculé et androgyne, je commençais à être sur la voie, les quatre piliers qui supportent l’assise. Oui, j’étais dans le bon.  Mais pourquoi tous ces fils qui s’accrochent, qui se mélangent parfois, qui se contournent et qui se parrallèlent ? Pourquoi ce cousu de blanc vient-il s’entremêler comme des boulets qui entravent les pieds, comme si j’étais incapable de marcher, retenu par des petits morceaux de cordes puissantes et immuables ?

Des vies, des vies, des vies et des vies, je ne fais que parler de cela, des vies, et ce sont elles qui s’accrochent, ce sont elles qui se collent au bien et au mal, les prolongements de la douleur qui viennent rencontrer l’amour, qui se dirigent vers le bien mais qui tendent vers le mal.  Labyrinthe vectoriel, où tous les morceaux constituent un puzzle vivant mais qui n’existe nulle part que dans ma tête.  Ces fils, ces sont des vies, toutes celles qui ont existé et peut être celles qui me reste à expérimenter.  Une sorte de toile arachnide anarchiste et chaotique, des méandres de soies qui m’immobilisent, mais qui fait que je peux supporter l’assise du cul de MA vie, et qui ne se gêne pas pour me le recracher à la figure !

Ces fils qui s’entrecroisent, je ne pensais pas qu’il y en avait autant.  Et pourtant, là, maintenant, je suis soulagé, je regarde cet autoportrait d’un autre œil, je ris un peu de l’ironie de la situation.  Tout ça pour ça, mais au moins, je pourrais partir les yeux grands ouverts, j’y glisserais quelques émeraudes, pour La regarder, et sentir son reflet qui viendra trancher le bien, le mal, la douleur et l’amour.

Toute ma vie, représentée par un tabouret et quelques mèches de soie … 

 

 

autoportrait

 

 

[Mode Belle Inconnue OFF]

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Photo Philippe Van Snick

14:11 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

06/03/2007

Autoportrait (1/2)

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Humeur Musicale : Killing in the Name of de Rage Against The Machine

Humeur d’Emma : et pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiii ???? (bis)

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[Mode Individu ON]

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autoportrait

 

-         Non, ne vous asseyez pas, le patron ne va plus tarder maintenant.

-         Ok, je reste debout.  Dites, où sommes-nous, j’ai du mal à cerner l’endroit ?

-         Dans une cuisine !!!  C’est si compliqué à deviner ?

 

Sur ces mots il s’en va par une porte que je n’avais pas remarquée au premier coup d’œil.  Je suis debout, dans une cuisine banale, je ne comprends pas vraiment ce que je fais ici.  Je dois encore m’être projeté dans un de ces mondes qui m’échappent, que je n’arrive pas à contrôler.  Cela m’arrive quelque fois, je me retrouve dans un endroit pas vraiment activé dans ma conscience et les choses s’écoulent, vivent et prennent forme, comme si j’étais seulement spectateur d’un changement, opéré quelque part, sans but précis.

Le robinet goutte, et le son régulier de l’eau qui vient se suicider, en tombant sur l’aluminium du réceptacle me donne l’impression d’une pendule aqueuse.  Un cri par seconde, une vie en moins dans le monde, mais rien ne porte à conséquence, ce n’était qu’une goutte parmi l’océan des foules, qui s’en souciera ?

La pièce était plongée dans des courants de lumières, blanches pour la plupart.  Elles rentraient par les fenêtres ouvertes, l’air y était frais, mais en y regardant plus près, les vitres étaient opaques, comme si nous étions coupés de l’horizon, comme si cet endroit était une sorte d’anonymat, nous n’y sommes plus personne et plus personne ne se souvient de nous.  La paix, le calme, le recommencement.

Près de l’arcade, deux mains viennent séparer les persiennes de soies, les ongles vernis de chocolat durci, elles s’immiscent dans le tissu qui s’écarte sans effort, des mains drapées d’incroyantes raisons d’aimer.   Ses yeux désormais familiers glissaient sans efforts le long de ma carcasse, un peu de pitié venait ternir la prunelle qui avait été jadis si brillante, je suppose que désormais Elle devait me voir différemment, et le vert qui venait s’amalgamer en moi me faisait ressentir la douleur de l’éloignement, lorsque les feuilles s’en vont de l’arbre et vont mourir par terre, décomposées, fanées et digérées.

Elle me fit asseoir sur une chaise qui traînait là, évapora la table qui se trouvait devant moi, mit le tabouret à sa place.  Elle posa un petit carton, juste au-dessus et elle me dit avec l’air grave des malicieux : vas y, torture toi ! 

Le temps de relever la tête, j’étais seul, assis sur cette chaise craquante d’inconfort, le tabouret devant moi et le mot dessiné par-dessus.  La cuisine avait disparu, j’étais dans une sorte de lieu sombre, délimité par les ombres qui se tachaient et qui délimitaient les cordons de l’insalubre.  Une sorte de cocon putride, illuminé par le bruit constant des gouttes qui tombent et qui n’ont pas changé ce qui reste du monde, finalement.

Je pris le carton de ma main droite, c’était une enveloppe en fait, scellée à la cire rougeoyante et malgré tout, froide comme un enterrement.  J’enlève le cachet, tire sur le morceau de papier protégé en son cœur, le porte au front, il y était inscrit au feutre noir : AUTOPORTRAIT.

Toujours assis, les mains qui massent la nuque.  Autoportrait, ce mot était devant moi, arrogant et je n’arrivais pas à lui donner un sens, en tout cas, le sens qui devrait me convenir.  Je retournais le carton, le déchirais, recomposait le puzzle de ses arabesques, rien.  Je me levais, tournais autour, m’éloignais, me rapprochais.  C’était hermétique, vide, sans substance.  Elle avait raison, je pense bien que la torture ne fasse que commencer, il qu’il me faudrait poursuivre l’insondable chemin qui sépare la raison de la connaissance …

 

 

[Mode Belle Inconnue OFF]

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Photo Philippe Van Snick

15:30 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

01/03/2007

L'atterre à t'erre

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Humeur Musicale : Sultans of Swing de Dire Straits

Humeur d’Emma : et pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiii ????

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[Mode Individu ON]

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dimanche de pluie

 

 

 

… Et sur les cimes ondulantes des naufrages sans secours,

Lorsque la foule s’arrime aux mots crus de la bestialité,

Fouler un corps nu, pour varier les plaisirs des détours,

Et nier les évidences, juste parce que l’on est aimé.

 

Et dans les abîmes mouvants de l’espoir sans recours,

Nos nuits seront toujours plus belles que vos jours …

 

[Mercredi soir, entre 23h35 et 23h52, au Thé au Mascara, la Reine prenant le Fou : Echec]

 

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Photo de Jeano

09:57 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (23) |  Facebook |

26/02/2007

Incubo

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Humeur Musicale : Black Dog de Led Zep

Humeur d’Emma : gatéééééééééé papa !

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[Mode Emma ON]

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Un lointain appel, au beau milieu de la nuit me tira de ma rêverie.  Un cri, une sorte d’appel au secours qui siffle dans l’infini et qui  vous reconnecte à la terre.  Le cœur commence à battre de plus en plus vite, l’adrénaline allume les lumières rouges dans votre tête.  C’était ma petite louve qui m’envoyait des signaux de détresses, au travers du mur du son, par delà les vibrations de son corps.

Debout, elle était en pleurs.  Elle fait pas mal de cauchemars ces temps-ci.  Elle à besoin d’être touchée, rassurée, bercée aussi.  Ses grands yeux étaient tristes, elle tendait les bras vers  moi, chevalier des temps modernes tuant les dragons et les monstres qui viennent lui faire peur, la nuit.

Je l’ai prise dans mes bras, assis en tailleur et posée délicatement dans notre position caractéristique : sa tête sous mon bras et sur ma hanche, l’autre qui l’emmitoufle et son corps, au travers de mes jambes, comme un couffin humain et fragile, un tapis de douceur et de chaleur.

Je l’ai appelée, en la regardant intensément,  pour que ses grands yeux fixent les miens et que commence la télépathie, de mon front à son front, et de mon cœur au sien, l’adrénaline faisant place à la mélatonine, transvasée par les cathéters filiaux que j’ai insérés doucement en elle.

Je l’ai appelée, en la regardant intensément, en lui disant que je lui avais commandé au marchand de rêves, des tonnes et des tonnes de poussières d’étoiles, que je m’étais ruiné en achetant des histoires de petites princesses et de dragons, des histoires de pluies et d’écharpes pour deux, au coin d’un feu lorsque la neige tombe au dehors, des histoires, d’un homme qui regarde la plus belle partie de lui grandir et s’émerveiller, sourire et danser dans la douceur d’une alcôve.

Je lui ai dit que je l’aimais, plus que je n’ai jamais aimé aucune autre femme, elle m’a souris, levé sa petite main vers mes longs cheveux défaits, elle m’a juste dit : gâté papa, en me caressant la joue.

Nous sommes restés un long moment, exquis et tendre, l’un tout contre l’autre, jouant à respirer en cadence.  Mon doigt effleurait cette partie si douce de son visage qui commence entre les sourcils et qui se termine jute à la base du nez.  Quelques centimètres d’apaisement, aussi bien pour elle que pour moi.  Doucement, elle cligna des yeux, pour ne plus les ouvrir. Je l’ai embrassé une dernière fois, pour sentir son odeur de petite fille, caressé ses cheveux, et déposé dans son lit, écrin de sommeil.

Je l’ai quittée à pas de loup, pour ne pas faire de bruits, refermé la porte.  Sur le palier, deux superbes yeux verts, me regardaient, fiers et souriant.  J’ai souri à mon tour et je lui ai dit que ça marchait, qu’elle avait raison, que maintenant, je pouvais moi aussi m’endormir et penser aux dragons que je devrais pourfendre, pour que ma petite louve se sente enfin apaisée et qu’elle aussi, puisse parler au marchand de rêves lorsqu’elle sera grande et que je serais vieux.

 

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Photo d’Henri Zerdoun

11:12 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

22/02/2007

Metal Zone

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Humeur Musicale : I am not in love de 10CC

Humeur d’Emma : Hypnotisée par Oui-Oui !

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KosoffStreams[1]

 

J’ai vu, ce matin, cette énorme boule de feu se lever.  Je la voyais, déchirée et transpercée par les arbres noueux, je la voyais essayer de se faire une place dans le ciel, parmi les nuages.

Elle irradiait aux alentours, métal chauffé à blanc, modelé par le forgeron de la vie, tout était si … lumineux !  Je me suis arrêté, là où la forêt commence.  J’y suis rentré pour écouter les pierres.  Elles étaient encore froides et claquantes, je me suis assis près d’elles pour finalement m’étendre tout contre.  Le soleil nous projetait ses ombres en plein visage, réminiscence du bien et du mal, du bon et du mauvais et de tous les courants de pensées qui fait que justement l’humanisant pense trop.

Les pierres sont restées muettes, ce n’est pas grave, elles ne me connaissaient pas encore, je crois qu’il l’heure faut un temps d’adaptation, quelques milliers d’années tout au plus.  Etendu sur le tapis de mousse et de feuilles gorgées de rosée, j’ai gardé les yeux ouverts, pour une fois.  J’ai simplement apprécié le moment, froid par le vent, mais chaud par le soleil encore ce bien et ce mal.  Et paradoxalement, je me suis senti bien, ça faisait longtemps.

J’y ai vu ma Madeleine, celle à qui j’apporte du Lilas et dont le violet contraste tellement bien avec le vert de ses larmes, ma Madeleine  à qui j’en apporterai toutes les semaines et comme à chaque fois, ne viendra pas.  Je l’ai confondue, avec l’espoir du matin, j’ai souri, j’ai du pleurer aussi qu’importe, j’étais vivant !

J’ai pris en main une de ces bébés pierres, que l’on appelle caillou, je me suis dit qu’il ne grandira jamais, mais qu’il vivrait beaucoup plus longtemps que moi.  J’ai ri de l’ironie de la nature : nous ne sommes pas assez dur, en nous, pour pouvoir aspirer à l’éternité, nous ne sommes que des choses molles et spongieuses, qui se gavent de sentiment pour espérer avoir une vie bien remplie et insidieusement, se persuader que même si notre corps ne nous survivra pas, il est possible que notre âme laisse une trace en ce bas monde.

L’espérance, le plus pathétique et le plus fantastique des sentiments humains !  S’accrocher et faillir ou bien s’accrocher et s’élever, s’y épuiser en y puisant toutes nos ressources mais quelque fois, y parvenir.

On dit souvent que les pierres sont malheureuses, ce n’est pas vrai, c’est juste parce que l’on ne les connaît pas, et peut être que dans quelques milliers d’années, elles nous apprendront en quoi consiste l’éternité !  Je pourrais alors, durant un temps indéfiniment long, apporter du Lilas à ma Madeleine, et puis, on prendra le tram 33, on ira au cinéma, manger des frites chez Eugène, je lui dirai des « je t’aime », ma Madeleine qui n’arrive pas.

Mais demain …

 

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Photo de Brian Kosoff

09:30 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (22) |  Facebook |

19/02/2007

Point fuyant

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Humeur Musicale : Don’t  Cry des Guns and Roses

Humeur d’Emma : Je suis une pile electriiiiiiiiiiiiiiique !

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-         Il lui demanda si elle avait été heureuse ?

-         Elle lui répondit que oui, maintes fois, Il a pu faire disparaître les gouttes de chagrin de sa vie, et que maintes fois, Il lui avait ouvert les possibilités de ses mondes, mais pour quelques temps, pour quelques temps seulement.  Ensuite, tout devenait troublé, par l’impossibilité de l’intense et tout devenait troublé par le flottement du jour sur le jour, quand la nuit tant espérée se fait ta tendre, et que les interstices des secondes se camouflent en heures, pour prolonger l'impatience de la vertu.

-         Il lui demanda si Elle ne regrettait rien ? 

-         Elle lui rétorqua avec une pointe de douleur dans la voix, qu’elle aurait préféré que toutes ces choses ne soient que vapeurs et buées, parce qu’il aurait été plus facile de les balayer de la main, il n’en resterait que de l’eau cristallisée sur une fenêtre quelconque, déjà oubliée par les sages.  Qu’Elle ne pourrait mettre de nom à cet enfant qui n’a pas été baptisé et qui est mort né, bien avant qu’Ils ne pensent à le concevoir.  Qu’Elle l’aurait aimé …

-         Je crois qu’il connaissait déjà la réponse,  mais il fallait qu’il l’entende, juste pour l’hygiène de sa tristesse, juste pour la schizophrénie qui l’habite.  Il acceptait la douleur, si celle ci avait un sens.  Il l’acceptait …

-         Elle osa juste une question, Elle lui demanda si tout cela était vrai ?

-         Il lui répondit que oui, pour cette vie et toutes celles d’après.

 

Mais elle n’était déjà plus là, transportée vers d’autres lieux et d’autres déchirements, il flottait dans l’air son odeur typique de métal cuivré et d’appel aux corps à corps défunts et surtout,  le parfum de ces fous qui ont jour essayé de croire que malgré tout ils étaient internés à tort, sans se mentir à eux même, parce que durant ces moments, ils se sentaient bien.

 

[Samedi soir, entre 3h46 et 3h58, au Thé au Mascara, ses yeux tournés vers d’autres directions.]

 

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14:02 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

16/02/2007

Echo

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Humeur Musicale : Big Bad Bill (is Sweet William Now) de Van Halen

Humeur d’Emma : Papaaaaaaaaa, à T’aime !

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Suspendue à tes orgasmes comme accrochée à une plume de chagrin, telle une trapéziste dans un mouvement oscillatoire de va et viens qui se complaît au balancement hypnotique de la conscience.  Tu t’agrippes à cette partie de réel, celui qui te fait du bien, au moyen de cette corde, trop dure et trop tendue pour ton intimité trop timide et trop fragile.  Ses frottements te brûlent le corps tandis que la résine chimique se répand en toi.  Tes fabuleux yeux verts sont fermés, ils éclairent l’intérieur de ton monde salé qui appelle les bateaux perdus et s’arrime au phare d’une érection tournoyante.

Tu t’efforces de ne pas souffrir et de profiter des tensions électriques qui corps circuitent ton ventre, spasmes spongieux aimant et magnétique.  Pendant un instant, un instant seulement, tu entrevois la possibilité du Mascara, abandonné et désert depuis que la survie a remplacé la vie.  Depuis que ta candeur ignifugée à remplacé le rouge brillant du métal en fusion, fugitive échappée parmi la lueur des émeraudes .

Tu me fais remarquer, dans un râle explosif que rien ne sert d’écrire l’amour s’il est décrié et rien ne sert de crier l’amour s’il est décrit, tu n’as pas tort dans un certain sens, mais je te rétorquerais que rien ne sert d’aimer si rien n’est partagé et rien ne sert de se partager si l’amour n’est pas un tout, Toi, Moi et Lui dans une perverse trinité incestueuse : celle du père, du fils et du saint d’esprit !  L’enfer, d’après les sombres est un lieu de luxure, de subtiles souffrances et d’exquises douleurs, d’après les clairs aussi, mais eux sont un peu moins subtils et exquis.  L’important, c’est qu’ils soient d’accord avec la définition !

On en arrive à ce moment de l’après, augure divinatoire d’une pythie condamnée à boire la ciguë.  La transe porte et la transe graisse, entourée de peau trop charnelle et de chair trop tentante.  Il serait doux de recommencer, comme il serait cruel d’en finir, j’exècre les états doux amers, parce que l’amertume ne tue plus, et la douceur ne fait que prolonger l’envie.

 

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Photo : Steve Hudson

12:11 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (29) |  Facebook |

14/02/2007

Amore/A Mort

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Humeur Musicale : Sexual Healing de Marvin Gaye.

Humeur d’Emma : J’ai toujours la varicelle !

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Cela aurait dû être une journée spéciale aujourd’hui.  Une de ces journées où l’érotisme se fait malsain,  une de ces journées où certains s’efforcent de nous dicter l’amour qu’ils ne peuvent plus offrir.  J’avais rassemblé les coussins, quelques écrins d’encens, éparpillé des fleurs lumineuses pour égayer l’intérieur humide.  J’avais tout préparé, comme un bon élève qui assisterait à sa classe en ayant retenu toutes ses leçons et faits tous ses devoirs.

On sonne à la porte, ça doit être elle.  Une rapide vérification aux alentours, tout semble pour le moins plausible.  J’ouvre. 

Elle sourit, je souris, on s’embrasse, elle entre.  Je passe le premier, elle est derrière moi quand un coup violent sur la tête me fait perdre l’équilibre, je chancelle, je trébuche, essaye de me relever.  J’ai un genou pour terre, ma tête me fait mal, je passe la main dans mes longs cheveux, ils collent, ils sont poisseux, du sang dans la paume, ça tourne, l’encens me pique la gorge, j’ai des taches brillantes devant les yeux, j’essaie de m’agripper au guéridon, je le manque, j’évalue mal les distances, tout se trouble, j’ai mal, la main danse dans le vide, j’essaye de me relever, impossible, un deuxième coup sur la tête, le noir, la délivrance, l’espace.

Un peu de lumière diffuse, le noir, une odeur âcre, le noir encore, j’ai froid, toujours le noir quand soudain une douleur intense et nauséeuse me vrille la nuque.  J’ouvre les yeux, je suis assis sur une chaise, ligoté par ses bas résille aux chevilles et ses foulards aux poignets.  Elle me regarde sans un mot, un petit sourire narquois vient déformer la commissure de ses lèvres, impossible de se détacher, je suis … prisonnier ???

Je regarde par terre, le vase qui contenait quelques fleurs est brisé, je suppose qu’elle s’en est servi pour me frapper.  Elle me regarde toujours, je lui demande des explications.  Pas de réponses.  Je lui somme de m’expliquer ce qu’il se passe, je le lui ordonne, toujours pas de réponses, elle me regarde encore, se délectant de la détresse qui commence à éteindre mes yeux, sans un mot.  Pas moyen de se débattre, je lui gueule de me détacher, c’est quoi ce bordel ?  Toujours pas de réponses. J’ai le cœur qui bat à rompre les membranes comme de violent coup de canons qui explosent dans ma poitrine, j’essaye encore de me détacher, rien à faire, je me coupe les poignets avec la soie de ses foulards, quelques gouttes de sang viennent s’effriter sur le tissus.  Pas moyen de bouger, impossible d’incliner la tête sinon la douleur se fait encore plus présente.  Je hurle, je crie à l’aide, au secours.  Rien, pas un bruit, pas de voisins, pas de happy end à la Hollywood, pourtant je fixe la porte, espérant que quelqu’un la défoncera et viendra me libérer.  Personne.  Elle me regarde toujours dans un mutisme sans reproches, elle se détend, prend son temps, se lève et va dans la cuisine.

Elle revient avec un couteau de boucher, elle joue avec sa pointe contre mes joues, mes oreilles, ma bouche.  De quelques coups secs, elle me lacère la chemise, je suis torse nu.  Elle retourne dans la cuisine.  Je ne sais pas quoi, ni comment, je ne vais pas faire le coup de : « hahaha, quelle bonne blague, et dire que j’ai failli marcher, ça va tu peux revenir, on s’est bien marré ! ».  Parce que ce n’est pas une blague, et parce que c’est trop pathétique.  La vérité, c’est que je suis en train de chier dans mon froc !  J’ai les entrailles qui se contorsionnent, la tête qui me frappe son malaise, je suis attaché à une chaise, chez moi, et je ne sais pas pourquoi !

J’entends le tintement de la minuterie du micro ondes.  Elle revient avec une tasse.  Elle s’approche de moi, je vois le liquide qui fume et qui bouillonne encore.  Sans avertissements, elle me jette l’eau bouillante sur la poitrine.  Je crie, je m’étouffe un peu dans quelques hoquets de douleurs, des cloques remplies d’eau zèbrent ma peau rougie par endroit et fumante de douleur.  Elle me regarde toujours, sans un mot, sans un souffle.  Je crie, je lui demande d’arrêter, ça fait mal, espèce de salope !  Arrête !!!  Ma peau se craque, je ressemble à de la volaille rôtie, je fume d’écorchures lézardées, je pèle de souffrance !

Elle repart dans la cuisine, revient avec une petite cuillère.  Elle s’approche de mon visage, instinctivement, j’esquisse un mouvement de recul, mais limité dans le geste et par la douleur.  Je ne peux rien faire, si ce n’est que me résoudre.  Elle s’approche de mon œil gauche, commence à y introduire l’embout, partant du canal lacrymal.  En faisant un mouvement de levier sur le nez, elle sort l’œil de son orbite.  Il commence à pendre, seulement retenu par le nerf optique.  Je vomis, je me vomis dessus comme un gosse sans repères, d’un œil je la fixe, l’autre fixe le sol, immobile et énucléé !  Elle approche sa main, elle à fait une manucure et posé de faux ongles, pour moi ?  Elle agrippe la masse gélatineuse, la soupèse, la ballotte, et l’arrache sans avertissements.  Un jet de sang vient colorer le vomi jaunâtre, tiens, on dirait une peinture de Van Gogh avec ses à plats de couleurs.  Je vomis encore de la bile et des glaires noires-verdâtres.  J’ai des haut le cœur, je veux pour re vomir, mais l’estomac est vide, je sens l’œsophage qui se déchire un peu, je ne parviens qu’a ravaler le sang qui commence à se répandre à l’intérieur de moi.  Je vomis ce que je viens d’avaler, un vomi hémorragique qui ajoute un peu de rouge carmin à la toile qui est en train de naître entre mes jambes.

J’ai mal, je pleure de l’œil qui me reste, je voudrais être ailleurs, je commence à ne plus penser, juste subir, je suis en état de choc, hébété, vrillé, endolori, brûlé, déchiré.  Pas de pourquoi, pas de comment juste la douleur, elle et encore elle !

Elle me regarde toujours, je la vois, je ne la regarde plus, je n’arrive plus à distinguer la psychologie de ses traits, je n’arrive plus à lire son visage.  Je suis une marionnette pendouillante, qui attend que l’on tire les ficelles pour bouger.

Elle repart dans la cuisine, revient avec des pics à brochettes en métal.  Je ris tout haut en lui lançant que je ne savais pas qu’elle avait des qualifications pour traiter les maux à l’acuponcture, pas de réponses, je perds pieds alors qu’elle m’enfonce un à un et lentement les pointes dans les bras, les jambes, les chevilles et au niveau des côtes.  En s’enfonçant, quelques lambeaux de chairs sont arrachées, quelquefois, elle vient buter sur des os qui finissent par craquer sous la pression et la force de ses deux mains.  Je n’ai plus le courage de crier, et pourtant j’ai si mal !  J’ai les nerfs qui passent en alerte rouge, situation d’urgence, il faut faire quelque chose, mais je suis incapable d’esquisser le moindre mouvement, incapable de me défendre.  Je ressens des explosions de douleurs dans tout mon corps telles des bombes atomiques qui viendraient m’arracher de l’intérieur.  Je ressemble à une triste poupée vaudou, envoûtement par le mal, pour le mal.

Je la regarde, la bave aux lèvres, le souffle haletant, la pupille qui se dilate et se contracte, au rythme des battements de mon cœur, je saigne, que dis-je, je suis une rivière de sang, une fontaine qui ne s’arrête plus.  J’ai froid, je n’ai plus de force, je tremble et je me glace.  Je la fixe, toujours pas un mot, toujours ce sourire, effroyable de sérénité et de quiétude.

Il lui reste encore un pic, le dernier.  Elle agrippe mes cheveux, je veux me démener, mais je n’y arrive plus, violemment elle abaisse ma tête vers le sol, la nuque à nu et offerte.  Je vais mourir tel un taureau dans une arène sans issue, ce soir, elle dormira sur ses deux oreilles !  Ses seules paroles seront : « joyeuse Saint Valentin mon amour », tandis qu’elle me plantait la dernière broche, entre les deux vertèbres cervicales et ressortant par la gorge.  Plus moyen de parler, je m’éteins, la douleur s’en va doucement tandis qu’un dernier jet de sang vient mourir sur le tapis du salon, coagulant l’effroi et l’amour.  Ma lumière s’éteint, je ne suis presque plus.

 

Cela aurait dû être une journée spéciale aujourd’hui.  Une de ces journées où l’érotisme se fait malsain,  une de ces journées où certains s’efforcent de nous dicter l’amour qu’ils ne peuvent plus offrir.  A bien y repenser, ça l’était !

 

[Mode Individu OFF]

11:02 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

09/02/2007

Alexandrins ...

 

... Fuir, en se détachant de l'Amère Cure,

et pleurer le craquement de tes brisures,

Maudire, le sable crissant de tes déserts,

et pleurer encore, l'éclat de tes yeux verts ...

17:36 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |