07/06/2006

Vision.

[Mode Conscience Rebelle ON]

[Mode Individu ON]

 

Ils ont déboulés dans mon cerveau, tels des rats dans le réseau urbain, gris sale avec une longue queue.  Empestant le vomit cognitif.  Au début, ce n’étaient que quelques familles incestueuses, pour ensuite, coloniser et s’approprier tout l’espace synaptique disponible. */Viens au bal/*.  Ils ont commencé par quelques infimes pointes, perçant, piquant et grignotant le cortex, au niveau de la nuque, d’une douleur éphémère,  quelque peu intense, mais supportable.  Par la même, ils me signifiaient leur volonté de s’installer.  */Viens au bal/*.  Au fur et à mesure que la journée avançait, je les sentais se multiplier, grouillant dans les méandres de mon cerveau.  Ils s’attaquaient à chaque morceau valide de matière grise.  Je sentais leurs petites dents acérées qui déchiraient, par lambeaux, par morceaux et cela, en tout point de mon crâne. Désormais, la douleur se faisait plus lancinante, diffuse.  J’avais l’impression qu’elle remontait dans chaque vaisseau, chaque capillaire au gré des battements de mon cœur.  Sonnant et résonnant dans ma tête, m’invitant à fermer les yeux pour mieux apprécier les plaques métalliques qui s’entrechoquaient entre mes deux oreilles. */Viens au bal/*.  Ils se multipliaient, encore et encore.  Les mères avec leurs fils, les pères avec leurs filles, frères et sœurs ensembles.  Peu importe la pérennité de la race, peut importe les défaillances génétiques, l’important était qu’ils soient le plus possible.  Envahissant la matière spongiforme et gluante qu’était devenu mon cerveau.  Ils labouraient, dévastaient, pillaient sans relâche.  Je sentais leur fourrure qui venait se frotter contre mes os, spoliant mes méninges, briquant comme pour faire le ménage.  La place se devait d’être vide, ensanglantée, mais propre de toutes fugitives éthérées. */Viens au bal/*.  Vers la fin.  Les accouplements s’étaient terminés, il n’y aurait plus de nouvelles progénitures.  Manque de place ?  Je ne saurais dire.  Mais je sentais leurs activités fébriles, derrière les yeux, l’occipital, les pariétaux, descendant un peu, dans les trapèzes. Ceux-ci, tendus et noueux, comme si ils avaient du supporter l’infime balancement de ma tête, répétitif et cadencé, dû aux mouvements des rats, n’en pouvaient plus de me porter.  Plus moyen de bouger le visage, ne fût-ce que d’un quart de degré.  Je n’en pouvais plus, la douleur devenait réellement intense, inique me paralysant le haut du corps et l’esprit. */viens au baaaaaaaaaaaaaaal /*

C’est lorsque, résolu, je me suis étendu.  Où chaque membre, un à un s’était résigné à me porter et que n’en pouvant plus d’efforts, ce sont relâchés, brusquement, comme une masse lancée du deuxième étage et qui se fracasse lourdement contre le sol.  C’est précisément à ce moment que je pu m’en aller, dans l’autre monde.  Et finalement prendre part, au fameux Bal Musqué, donné en mon honneur, au beau milieu de ma tête.

 

[Mode Individu OFF]

[Mode Conscience Rebelle OFF]

12:56 Écrit par Nola | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

les rats sont entrés dans Paris Ils s’attaquaient à chaque morceau valide de matière grise

pauvres petits... ils sont morts de faim!
A A A A A

Écrit par : J | 07/06/2006

~Ï~ c'est certainement parce que, quand je m'envole, j'ai le cerveau lent ;-)

Écrit par : Nola | 07/06/2006

Lien vers l'histoire des Gros Cailloux Voilà!

Écrit par : Le P'tit Caillou | 07/06/2006

pfiouuuuuuuuuuuuuu! mon Nola, on est loin de s'imaginer ce qui grouille dans ta tête! ça fait si mal que ça?

Écrit par : fun | 08/06/2006

HoRRible ! C'est un truc à ne pas dormir, ça !

Écrit par : Boudlard | 08/06/2006

à se taper le tête contre les murs

Écrit par : Nola | 08/06/2006

un mars et ca repart ...... ca va mieu ?

Écrit par : zelda | 08/06/2006

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