14/06/2006

Le Baiser du trottoir de Doisneau

 

[Mode Conscience Rebelle ON]

[Mode Individu ON]

 

J’adore cette photo.  Dès la première fois que je l’ai vue, j’ai été subjugué par cette immensité en deux dimensions.  D’une obturation subtile, le photographe a réussi à créer un monde, et par chance, il s’ouvre sous nos yeux ébahis de tendresse.

Ce qui m’a frappé, d’emblée, c’est que le temps semble suspendu.  Je veux dire, on devine les mouvements des passants, des voitures.  Mais pour les amoureux, plus rien ne compte, le monde alentour a complètement disparu.  Regardez, ils ferment les yeux, comme pour mieux s’isoler encore, comme pour faire abstraction des odeurs, des bruits, uniquement pour ressentir le frisson de deux bouches qui se partagent, de deux respirations qui se cadencent, de deux visages qui se parlent, sans rien dire.  Comme si ce moment volé, aux yeux de tous, n’appartenait qu’à eux.  Ils sont dans leur bulle d’amour et de tendresse.  Lui qui, par son bras et sa main semble la protéger, elle, qui se laisse dévorer, offerte et disponible.  Qui n’a jamais embrassé me comprenne !  Nous avons tous et toutes vécus ce moment.

 

Je me souviens encore de mon premier baiser */ Qui ne s’en souviens pas /*.  Je me souviens de la sensation douce et enveloppante des lèvres de ma belle d’alors.  Je me souviens de son petit nez retroussé et de ses pommettes rieuses.  Mais ce qui m’a stupéfait, c’est cette espèce de voyage intersidéral et intemporel, juste au moment où nos deux bouches se sont rejointes, simulant nos deux cœurs qui s’étiraient.  J’étais partout et nulle part et en même temps, je me déplaçais, à la vitesse de la lumière dans des contrées inconnues et inexplorées.  Je pouvais voir, sentir, toucher, goûter, entendre des sensations qui m’avaient été cachées jusque là.  Je frissonnais lorsque elle se faisait gourmande, caressant ma langue alanguie et sans languir.  J’avais cette sensation bizarre dans le ventre, qui me disait, voilà, tu l’as fait.  */ Ton premier baiser.  Tu as franchi le cap de l’ignorance, parce que maintenant, tu sais que tu quémanderas ces sensations, comme un junkie son fix d’héroïne. /* J’étais devenu dépendant de ces baiser, c’est de l’adrénaline, de l’endorphine, de la testostérone qui se déversait dans mes veines, par vasques entières.  Je ne pouvais plus m’en passer */ Addicted /*.  J’étais  pris au doux piège, comme bon nombre d’hommes et de femmes avant moi !   */ C’en est fini mon Nola /*.  Ma chair s’est attendrie, mais mon âme s’est faite exquise.

C’était aussi ce sentiment d’appartenance à un objet unique, quand ses mains, passées autour de ma taille, me caressaient le dos.  Quand moi, ne sachant pas trop quoi faire, passais mes bras en croix, derrière ses omoplates. Nous étions un César vivant.  Une sculpture, compressée, mais vivante, recroquevillés sur nous-mêmes, vidant les minces espaces qui auraient pu nous éloigner.  Deux funambules */ Fuuuuuuuuuuun /*, voltigeant sur le même fil ténu de la passion et de l’envie.  Ne marchant pas trop vite, n’appuyant pas nos pas, de peur de le casser.  Nous étions deux */ We’re one /*, à nous désirer, recréant un monde d’adulte que nous n’avions, pas encore, tout à fait compris.

Et puis, tout d’un coup.  Nous nous sommes éloignés, il n’a suffit que d’un millimètre pour rompre le contact.  Les yeux qui s’ouvrent, brusque retour à la réalité.  Je suis retombé, lourdement, dans un corps qui ne m’appartenait plus.  Il a suffit de quelques instants d’inconscience, pour que je ne sois plus tout à fait moi-même.  Le Nola de l’après était à cent lieues du Nola de l’avant. La bulle était percée, laissant entrer, crescendo, les stimulis extérieurs.  Un sourire timide, une étreinte qui se sépare.  Ce moment n’aurait pas existé, si ce n’est que j’avais l’impression que l’on m’avait volé une partie de ma liberté solitaire..

[Mode Individu OFF]

[Mode Conscience Rebelle OFF]

10:06 Écrit par Nola | Lien permanent | Commentaires (34) |  Facebook |

Commentaires

ce que je déteste le plus dans un baiser c'est quand il se termine. J'aime cette sensation de collision douce, s'éloigner doucement du bout de la lèvre et explorer encore et encore, d'une légère pastille de langue, la lèvre de l'autre. Aller presqu'au bout de l'éloignement et revenir, comme une petite marée lente. Le baiser est une planète.

Écrit par : fun | 14/06/2006

Fun en trois phrases, tu as réussi à exprimer ce que j'ai voulu dire en un texte ;)

Écrit par : Nola | 14/06/2006

Oui Fun Superbement dit et bien d'accord avec toi...

Écrit par : Boudlard | 14/06/2006

Merde ça valait le coup de me casser la nénette ;-)
Fun, la prochaine fois, je te demanderais ton avis AVANT ;-))))))))))

Écrit par : Nola | 14/06/2006

franchement vouzetes cons des fois;-))))))))))))))

Écrit par : fun | 14/06/2006

Non pas cons on adore les bisous, on veut des bisous !

Écrit par : Boudlard | 14/06/2006

~Ï~ Fun => ben vi hein !
Boud' => bien d'accord avec toi !

Écrit par : Nola | 14/06/2006

Nola Faudra qu'un jour tu m'explique comment tu fais, pas pour le baiser ;-) , je veux dire la façon de décrire des sensations par des mots
Encore une fois félicitation

Écrit par : Yves | 14/06/2006

Yves Merci pour le compliment !
Comment je fais, c'est très facile, je ferme les yeux, et ça coule tout seul ! Les images se forment dans ma tête, il me suffit de les retranscrires ...

Écrit par : Nola | 14/06/2006

Blablabla Quelle modestie :-)))

Écrit par : Boudlard | 14/06/2006

Boud' c'est paaaaaaaaaas bien de se moquer ! ;-)))))))))))

Écrit par : Nola | 14/06/2006

elle se moque pas enfin...je crois pas;-)

Écrit par : fun | 14/06/2006

Non, je me moque pas... Je taquine l'animal ;-)

Écrit par : Boudlard | 14/06/2006

c'est ça Mettez vous à deux !!! ;-)

Écrit par : Nola | 14/06/2006

pour te faire des bisous? ;-)

Écrit par : fun | 14/06/2006

Boud' Heureusement que tu n'as pas dit que tu taquinais le goujon !
On aurait pu mal l'interprêter ;-)))))))))

Écrit par : Nola | 14/06/2006

fuuuuuuuuuun Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, des bisous !

Écrit par : Nola | 14/06/2006

Des bisous ! Plein de bisous ! Tu connais le bisous du Fou de Bassant ?

Écrit par : Boudlard | 14/06/2006

Le fou de bassant L'oiseau ???

Écrit par : Nola | 14/06/2006

Nola ils donnent un bisou sur le bout du bec

Écrit par : Yves | 14/06/2006

smouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiikkkkkkkkkk ;-)

Écrit par : fun | 14/06/2006

Sur le bout du bec ? c'est cocasse ça ;-)

Écrit par : Nola | 14/06/2006

C'est ... ... la parade nuptiale

Écrit par : Yves | 14/06/2006

Meuh non C'est plutôt un lancer de bisous circulaire... comme un arrosoir de jardin...mais en plus bisous

Écrit par : Boudlard | 14/06/2006

Ben vous m'apprenez un truc !

Écrit par : Nola | 14/06/2006

Nola Bonne soirée

Écrit par : Yves | 14/06/2006

la sensation douce et enveloppante des lèvres de ma belle d’alors ta belle d'alors je l'emmerde!
ein? tu te croyais à l'abri de mes regards?

Écrit par : Ta Femme! | 14/06/2006

hoho :-)
hoho, l'est fachée la belle à nola!!

Écrit par : virginie(et lisa) | 14/06/2006

ouhla! ça va chier

Écrit par : fun | 15/06/2006

Hahhaha ! Non, ce n'est pas ma femme !
Elle n'aurait jamais été aussi grossière !

Écrit par : Nola | 15/06/2006

Sais-tu... que cette photo a été "monté" de toutes pièces? et que le couple a posé pour l'excellent photographe?

Écrit par : joE | 15/06/2006

JoE Je ne savait pas ! Mais entre nous, ça ne me dérange pas. Il y a tellement de choses qui s'en dégage !

Écrit par : Nola | 15/06/2006

Ce baiser est une merveille ...D'une profondeur et une intensité immense !!
de plus a paris ville de l'amour ...

Écrit par : Bb... | 30/11/2010

S'est on inquièté de retrouver les personnages voisins du couple?? J'ai connu le Monsieur aux lunettes qui me disait qu'il se souvenait avoir été agacé par l'attroupement qui l'avait géné ds son déplacement...Ah ces parisiens, tjrs pressés et indifférent à ce qui se passe...

Écrit par : perret | 12/04/2012

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