19/06/2006

En direct de la voix lactée.

[Mode Individu ON]

Elle m’avait dit : « Une nuit, je te l’enverrai et il viendra te voir, fais lui bon accueil ! »

[Mode Individu OFF]

 

 

[Mode Individu OFF]

[Mode Conscience Rebelle OFF]

[Mode IL ON]

 

Sorti d’une torpeur fébrile, par une absence de lumière suffocante.  Je me suis réveillé, au crépuscule du troisième type.  Allongé, tout était paisible autour de moi.  Le vrombissement de quelques élytres venait me caresser la nuque.  Installant entre le coton et moi un vent frais, à peine perceptible.  Le sommeil était toujours présent, engourdissant les activités synaptiques d’un courant filtré de tout bruits, embellissant les harmoniques d’une pureté pétillante.  Mon pouls s’accélérant, au fur et à mesure de l’opacité transparente.  Mes iris, se contractant et se dilatant laissant entr’apercevoir quelques traînées incandescentes sur ma rétine.  Je me suis retrouvé, sur un toit, encore chaud des brûlures du soleil.  La lune était bleue, basse, contrastant avec le doré des lucioles.  Il faisait bon, ni trop chaud, ni suffocant.  Les bruits étaient sourds et mats, aucunes fréquences aigues venaient perturber, l’impression de candeur qui m’enivrait.  Aucun écho, non plus, ne venait se rajouter au silence.  De là haut, je pouvais voir les étoiles de la ville, les poudres des phares incandescents des voitures, les halos des enseignes clignotantes.  La nuit se faisait amie, protectrice, insondable dans ses derniers retranchements.  J’y étais bien, respirant le calme à pleins poumons.  C’est alors, qu’il m’est apparu, soudainement et sans fioritures.  Il est simplement venu s’asseoir à côté de moi, regardant dans la même direction.  Il me serait impossible de vous le décrire.  A vrai dire, je le devinais plus que je ne le voyais.  C’était plus une sensation apaisante qu’une image délétère.  Ses gestes et ses dires explosaient dans ma tête, tels des feux d’artifices chantant.  C’était lui, elle ne m’avait pas menti !

 

-         Bonsoir Nola.

-         Bonsoir … heu, Monsieur, Madame ?

D’un sourire adéquat, il vit mon air embarrassé.

-         Tu peux m’appeler comme tu veux, j’ai l’habitude de l’innommable.

-         Mais si vous êtes innommable, comment puis je vous nommer ?

-         Laissons là ces considérations tactiles propres aux humanisant.  Elle m’a longuement parlé de toi, avec force de détails et d’argumentations, tu veux que je te retranscrive ?

-         Je ne préfère pas, par ce que je suppose, que le terme approprié, c’est : confier.  Elle s’est longuement confié à vous, et donc assez personnel !

-         Oui, mais d’un autre côté, ça te concerne.

-         Non, ça ne me concerne pas, si elle avait voulu que je sois au courant de ces choses, elle me les aurait dites !

-         Peut être pas !  Vous êtes comme cela, vous les humanisants, vous avez découvert la communication, mais vous ne vous parlez pas !  Vous avez vos gadgets électroniques, vos téléphones, Internet mais vous passez toujours à côté de l’essentiel.  Vous ne vous parlez qu’à demis mots.  Coupant vos sentiments aussi facilement que vous raccrochez vos paroles !

-         Est-ce un mal ?  Doit on tout savoir sur tout le monde, ne peut on pas garder une part de mystère ?

-         Hahahahaha.   Du mystère dis tu ?  Tu sais, nous les délétère, nous savons tout sur tous !  Nous connaissons vos moindres secrets, vos moindres sensations, vos moindres guillemets.  Et franchement, il n’y a rien de bien dramatique dans vos vies !  Vous croyez tous que la mort, la souffrance ne sont que des peines infligées, des écorchures où suintent le pus des aberrations en mouvement, mais comme d’habitude, vous ne voyez pas l’essentiel.  Vous préférez vous enfermer dans un mutisme, laxiste d’égoïsme.  Croyant que votre condition est pire que celle d’autrui.  Vous ne voyez rien dans sa globalité, vous êtes d’un matérialisme plastique !

-         Mais, enfin, comment ?  Comment peut on jauger la souffrance des autres, comment ressentir la joie des yeux scintillant.  Comment peut on dire que l’on aimerait emporter un peu de la peine de quelqu’un qu’on aime ?  Comment faire ?  Ce sont des choses que l’on n’apprend pas, qu’il nous faut découvrir, sans honte de se dévoiler !  Votre jugement est facile : vous êtes de ces consciences supérieures, que rien n’arrête, que rien ne vacille !  Je suppose que vous avez été humanisant avant d’être délétère !  Qu’avez-vous fait, vous, lorsque vous avez été mortel ?

-         Je ne répondrai pas à ta question, enfin, pas directement.  Tout ce que je peux dire c’est : n’ayez pas peur de communiquer, de parler, avec des mots, pleins, vrais et sensés.  D’utiliser des mots, avec toute la valeur qu’ils induisent.  Arrêter de vouloir ce que vous n’êtes pas.  Soyez, c’est tout.

 

C’est sur ces considérations philosophiques qu’il prit congé de moi.  Me laissant avec toutes mes interrogations.  Ne répondant pas aux anciennes, m’amenant de nouvelles.  Je regardais l’horizon, les yeux vides de toutes considérations drastiques.  Plus rien de sera peut être, désormais.  Tout doit être vrai.  Si ces paroles devaient avoir un sens, si ce délétère devait avoir été.  Alors, elle m’avait envoyé une sommité.  Jésus, Allah, Bouddha, Gaia qu’importe son nom.  Il était innommable, il me l’avait dit.  Je n’avais pas voulu le comprendre, en fait, je n’ai pas voulu l’écouter.  Pourtant, il m’avait parlé avec des mots pleins, vrais et sensés.  Nous devons apprendre à mieux nous écouter, je suis certain que c’est l’une des clés …

 

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12:16 Écrit par Nola | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Commentaires

Qui a le coeur en morceaux en lisant cela. A force de ne pas être écoutée, le P'tit Caillou ne parle plus. Le P'tit Caillou écrit, avec des mots voilés, cachés, pour que personne ne sache. Tout en espérant qu'un jour, quelqu'un comprendra.
Gardienne de tant de mystères, veillant sur sa propre personne, patrouillant solitairement dans le district de surveillance connue d'elle seule. Gardienne de la chambre secrète où sont enfermés ses souvenirs. Chambre dont l'accès est condamné, avec une barre de fer, doublée d'un solide cadenas.
Se dévoiler sans honte? Est-ce donc cela que le P'tit Caillou n'a jamais appris à faire?

Écrit par : Le P'tit Caillou | 19/06/2006

Petit CAillou je t'ai répondu, chez toi. Cette réponse t'appartenait, il était normal qu'elle apparaisse dans ton monde

Écrit par : Nola | 19/06/2006

Dialogue de sourd Parler et écouter, donner et recevoir... dans la société actuelle, les gens sont beaucoup trop nombrilistes

Écrit par : Yves | 19/06/2006

Peut être parce que l'on profite trop souvent des gens qui donnent ?
Tu vas bien yves ?

Écrit par : Nola | 19/06/2006

Merci Nola, et mon monde c'est aussi un peu chez toi...!
Bisous

Écrit par : Le P'tit Cailou | 19/06/2006

Petit Caillou Utilise tout ce qui peut te servir ! N'hésite pas !

Écrit par : Nola | 19/06/2006

il faut grandir tester, se tromper, ne rien oublier, continuer, grandir encore. Parler, toujours, mais pas de n'importe quoi, pas n'importe comment. Tests. Aptitude à la compréhension, se respecter. Là est la clef: se respecter. C'est ainsi qu'on respecte les autres. Et qu'on les aime, du coup. ;-)

Écrit par : fun | 19/06/2006

autre chose ton écriture me fait penser à du Zelazny, du Bradbury, du Pratchett. Tu m'essouffles. Et c'est un vent magnifique.

Écrit par : fun | 19/06/2006

Waouw Fun ! Tout cela, et en même temps ?
Je vois que mademoiselle à des lettres ;--)

Écrit par : Nola | 19/06/2006

Une nuit sur un toit Quelle belle étrange rencontre ! Que je m'en vais de ce pas méditer sur la substantifique moëlle...

Écrit par : Boudlard | 19/06/2006

Boud' C'est fou comme la nuit amène des rencontres, surtout quand la lune est bleue ...

Écrit par : Nola | 19/06/2006

Euh.... une Twingo c'est ce que je voulais, mais que j'ai pas eue.....
Moi aussi je HAIS les voitures, genre tape-à-l'oeil, bref bagnole de pétasse.... mais C'EST une voitrue de pétasse.... Noooooooooooon ne me demande pas dans quoi je vais rouler, j'ai trop honte.....
Bises

Écrit par : Le P'tit Caillou | 20/06/2006

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