26/06/2006

Le bien être du fou

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Humeur musicale du jour : Aqualong de Jethro Tull

Humeur d’Emma : mais vous ne voyez pas que j’apprend à marcher ?

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J’ai passé un week end assez laborieux, d’une dépression intense, tant il me semblait impossible de m’arracher au réel.  Il faut dire, que je déteste ces tâches inutiles qui ne font qu’embellir un matérialisme rendu obsolète par le temps qui passera.  Les mêmes tâches répétitives, mécaniquement rugueuses, et dénuées de toutes poésies.  Enlevant couche par couche, des histoires imprégnées sur un bois rendu aveugle par l’occultisme des hommes.  Les strates plastiques ôtées, il revivait, se faisait meilleur.  Ses veinures se gonflaient d’orgueil laissant entrevoir ce qu’avait été sa vie, d’arbrisseau au tronc frêle en majestueux chêne, fort et solide comme la pierre.  Il est d’une teinte particulière, clair et printanier, comme une vierge immaculée de fugitives hédonistes,  il suffira de le vernir, lui rendre son brillant pour l’absoudre de quelques témoignages voyeuristes.  Transparent, un peu comme une surface de lentille qui pourra lui magnifier sa vue, le rendant complice des évènements de la maisonnée, évènements amoureux, comme un baiser sur un cou habillé d’odeurs capiteuses et des mains qui s’enlacent, en nœuds indéfrisables.  Une fois, mis à nu, carré de jeunesse, je le caressais, pour ressentir sa chaude sève qui ne le parcourt plus, sa douce peau lisse et ligneuse qui l’a rendu fier auprès des autres arbres de la forêt.  C’est à cet instant qu’il me dit : tu as bien travaillé, je vais appeler, pour toi, les éléments et te rendre le bien être que tu m’as donné.

Tout le matin, le soleil avait brillé, brûlant les pierres de lave qui constituait ma terrasse.  Il faisait même tellement chaud, que la maison craquait de mécontentement, se dilatait en mode majeur, comme pour mieux remplir de feu les espaces qui la maintenais calfeutrée, au sein d’elle-même. 

Le temps s’est couvert de bas nuages annonciateurs de pluies, de gros flocon ouateux chargé de brumes qui se compactaient, le bois avait dit vrai, il me rendrait mon bien être.  Il ne fallut pas longtemps pour qu’une pellicule fine, vienne se fracasser contre les pierres, induisant une mince couche luisante et glissante entre elle et l’air humide.  Elle se fit plus intenses, je pu enfin sortir.

Je me suis allongé, directement contre l’étuve d'un monde en fusion que je quittais déjà, les courbes et les saillies de mon corps s’ajustant parfaitement sur le minéral.  La pluie me tombait directement sur le front, les joues, le thorax, les jambes et les pieds.  J’étais bien, je recevais, avec candeur un des plus magnifique cadeau de la nature : une chaleur, intensifiée par les longues heures du jour, réchauffant, non pas en surface, mais à l’intérieur.  Une chaleur saine, sans netteté, diffuse, juste la température adéquate.  Ni trop chaude, ni trop froide.  Juste assez pour vous croire dans un lit, alors que la couette, s’emmitoufle aux tréfonds de vos rêves.  Et puis la pluie, bienfaitrice, lavant vos pêchés vieux d’une éternité.  Comme si chaque goutte emportait un peu de votre tension, claquant, crépitant et pétillant au contact de votre peau.  Quelle douceur, de sentir tous ces minuscules morceaux de vies qui vous reviennent, par bribes désuètes, s’écoulant le long de votre gorge, votre cou, et qui ressèment leur profondeur dans les abysses inventées.  Je m’y sentais tellement, bien, que je fermis les yeux.  Pour mieux écouter, pour mieux ressentir les frissons qui roulaient le long de mon échine, s’attardant ça et là aux endroits les plus douloureux des muscles, dénouant le mal par une discrète mélopée dont seules les sorcières du monde aqueux ont le secret. 

 

J’ai passé un week end merveilleux, d’une joie intense, tant il me semblait impossible de rejoindre ce que l’on appelle le réel.

 

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09:57 Écrit par Nola | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

Commentaires

Merci Nola Mais c'est pas facile tu sais... j'apprends... mais je prends plein de claques dans la gueule..
"laisse toi aller. N'attends pas et ne donne pas trop" C'est là tout le problème... J'attends rien je crois, mais je donne tout, trop vite, de façon égocentrique. Donner de façon égocentrique... tu vois le dilemne?

Écrit par : Le P'tit Caillou | 26/06/2006

J'avais oublié.... j'adore quand tu parles d'Emma, quelques mots, et tout est dit.
Encore une fois texte magnifique, et question sans réponse "Comment fais-tu"? Je me rappelle que tu m'avais dit "Des mots j'en trouverai toujours", et je me demande si ce ne sont pas eux qui te cherchent et te trouvent pour être surs d'être utilisés par toi..

Écrit par : Le P'tit Caillou | 26/06/2006

Histoire d'eau C'est qu'on en viendrait à aimer la pluie !

Écrit par : Boudlard | 26/06/2006

~Ï~ Petit Caillou => Donner de façon égocentrique, tu as trouvé l'astuce : avant de donner aux autres apprends à te donner, un peu, à toi même. Oui, des mots j'en trouverais toujours, les cueilleuses de vents m'ont appris à le faire ;-)
Boud' => la pluie est merveilleuse, si tu savais ...

Écrit par : Nola | 26/06/2006

et quand la pluie fait des claquettes elle laisse des traces sur le parquet, mon toudoux. ;-)

Écrit par : fun | 26/06/2006

Ouiiiiiiiiii, Fun de jolies traces de pieds, pointure 12 !

Écrit par : Nola | 26/06/2006

*°°°* Un week end comme on aimerait en vivre un peu plus souvent..
Mes pieds sont ligotés au sol plus souvent que je ne le voudrais.
- se remettre sur la même longueur d'onde - surtout.

Écrit par : gaYa | 26/06/2006

Salut Nola c'est normal au début, la petit a besoin de lA pluie pour avancer ;-)

Écrit par : Yves | 26/06/2006

Yves, merci pour le message......et idem pour moi...
Peut-être plus tard quand chacun de nous les aura retrouvées.
Mais bonne leçon (pour moi) : ne pas courir avant de savoir marcher..... (comme dirait sans doute Emma..) o:)
Bisous

Écrit par : Le P'tit Caillou | 26/06/2006

Grand merci... pour le renseignement. Je ne savais pas que cela existait.
Encore merci.
Amitiés.

Écrit par : rhadamanthe | 26/06/2006

Si le pardon t'intrigue... un jour je t'en dirai plus. Moi ça m'intrigue aussi, mais surtout le non-pardon. Principalement MON non-pardon. Parce que j'en reviens toujours à la même conclusion : ce qui fait avancer l'un terasse l'autre. Quand je parle de mes parents, je ne parle pas de ma soeur, qui a vécu exactement la même chose, mais elle l'a vécu tout autrement, c'est-à-dire tout à fait "normalement", sans cette douleur que moi je transporte depuis, et qu'elle n'a jamis compris!.

Écrit par : Le P'tit Caillou | 27/06/2006

Un jour dans très longtemps, quelqu'un, quelque part mentionnera une pensée en prenant bien soin d'en citer l'auteur entre paranthèses (Nola)

Écrit par : Le P'tit Caillou | 27/06/2006

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