14/08/2006

Belle île en Vert

[Mode Individu ON]

Humeur musicale du jour : Jump de Van Halen

Humeur d’Emma : J’adore jouer avec les CD de papa (même si il est pas content de les voir tout éparpillé) !

[Mode Individu OFF]

 

[Mode Individu ON]

[Mode Belle Inconnue ON]

 

Elle m’avait juste dit, rejoins moi, ce soir au Thé au Mascara

 

Je me suis exécuté donc, sans fards ni fioritures, j’ai mis mes breloques de côté, effacé l’apparat.  Je savais que j’allais vivre un moment fort alors,  je ne voulais pas m’encombrer avec quelques irascibles décorations trahissant le déclin de quelques civilisations passées.  Après tout, ne m’avait elle pas dit : rejoins moi ?  Elle n’avait parlé de personne d’autre, uniquement moi ! 

Je pensais qu’elle serait déjà présente, qu’elle m’attendrait.  C’est l’inverse qui s’est produit.  Je tuais l’ironique absence, celle qui mêle impatience et excitation,  en sirotant un thé sucré, fumant de promesses, m’installais sur les coussins de soie et de velours, les yeux mi clos,  synonyme du bien être accoutumant de Notre endroit privilégié.  Après un moment, inqualifiable par sa durée : Nous perdons toujours la notion du temps, au Thé au Mascara, deux magnifiques yeux verts firent leur apparition, bientôt suivis par son âme, rejoint par son corps, racé et gracile, expliquant sa condition de Belle Inconnue.  Elle s’excusait tout d’abord pour son retard : elle avait eu du mal à s’endormir.  Mais avant que j’aie eu le temps de prononcer quelques balbutiements inutiles elle me prit la main, elle me dit : « Viens ! ».

C’était la première fois que nos doigts s’accrochaient, l’un à l’autre, la première fois que je sentais sa si délicate courir le long de ma paume, un fourmillement agréable hâlé par la chaleur de sa tendresse m’engourdissais, peu à peu.  Nous nous sommes tenus la main, collée, ensemble, pour ne pas perdre une once de sensation, pour pouvoir se rappeler, une fois que le moment serait terminé, combien il était bon de s’amalgamer, et de là par la simple définition du plaisir des humanisants, recommencer encore, quand le moment serait adéquat, intime et profane.

De par sa conscience magique, elle Nous a transporté dans un lieu que je n’avais jamais entr’aperçu, elle avait toujours sa main dans la mienne, et ses splendides yeux dévoraient ma surprises.  Où étions nous ?  J’avais juste une vague idée de l’endroit, décoré de montagnes orthodoxes, de chats tigrés du blanc et du turquoise des maisons,  des rochers qui écrasaient la mer en flaques d’écumes bouillonnantes.  Elle me conduisit vers la plage, parsemées d’embruns pétillant le visage.  Il y avait du monde, trop à son goût, des bribes de langages incompréhensibles venaient entrechoquer notre quiétude, fatigant notre envie d’un brouhaha tinté de rires gras et de cris perçants.  Des bouches et des gorges déployées nous émaciaient de leurs insistances impudiques, tonnant l’envie d’appartenir à une tribu où nous ne serions que des étrangers montrés du doigt.

Je me suis tourné vers elle, son air malicieux m’a dissipé quelques instants, je l’ai contemplée, perdu par la radiation de subtile beauté.  Mais déjà, nos deux bras se tendaient, elle me susurra : « Viens, je ne veux que la solitude de notre présence ».

Elle m’entraîna sur le sable et commença à s’enfoncer dans la mer.  Elle m’avertit : « Je vais te guider, moi seule connaît le chemin, enfonce tes pas au même endroit que moi ! ».  C’est ce que je fis, je me guidais aux ondes flottantes, laissées par ses empreintes, dans la mer.  Je reposais mes pieds, exactement aux mêmes endroits, pour pouvoir affirmer, un jour : j’ai réellement marché dans ses pas !  Nous nous enfoncions, encore plus loin dans la mer, l’eau n’étant qu’à mi mollet.  Quelques branchies colorées venaient défier ces étranges monstres terrestres, mais en général, ils ne s’approchaient que de loin.  Pour les plus téméraires ou les plus curieux, une caresse de leur dorsale ou de leur flanc venait Nous chatouiller : elle m’affirma que c’était un bonjour, en langage poisson.  Il suffisait de se laisser faire, pour accepter le salut, pour être des leurs.

Nous avancions toujours, la main dans la main, toujours.  La plage était loin maintenant, mais devant nous, une île se dressait, majestueuse de cocotier, limpide de transparence.  J’écarquillais des yeux, comment étions nous arrivés là ?  Ce cercle de terre était invisible depuis le continent et nous n’avions fait que marcher !  Elle me sourit tendrement, s’approcha de moi et sans voir remuer ses lèvres j’entendis : « Tout n’est qu’Amour, pour qui sait le voir ».  Nous accostâmes sur les rebords de l’île.  Le sable blanc était si fin, qu’il s’écoule de vos doigts, suspendant le Temps comme le sablier humain que Nous étions devenu.  La mer cristalline reflétant Nos deux visages, même si nous ne la regardions pas.  Elle fit signe de m’asseoir.  Nous étions loin des bruits, loin de l’insalubrité des mensonges, loin de l’enfer des autres dans cette bulle paradisiaque.  Elle s’assit derrière moi, enlaçant mon être de ses mains, posant son visage sur mon épaule.  L’opacité de ses tremblements me fit frémir, ressentait elle, également, la joie des transes ?  Cette espèce de nœud de bien être, qui se diffuse par delà votre enveloppe corporelle et qui se resserre à l’être choisi ?  Sa main droite virevoltait sur mon poignet, effaçant toutes traces d’inconscience, gonflant l’âme de désir, doux et chaud.  Notre odeur de sel gorgé de soleil laissait un parfum de possible, dans l’immensité de cette formidable perdition, de possible mais pas de consommé.  L’accessibilité n’est intense que lorsque les deux protagonistes la rendent inaccessible, par la pureté de leurs sentiments, la lenteur de leur tendresse et le respect de leur bouche.

Nous sommes restés là, un très long moment, enlacé, chaleur contre chaleur, odeur contre odeur, caresse contre caresse. Nous sommes restés là, uniquement pour le bien être de l’envie, pour l’illusion d’être deux et son obole de charité.  Egoïstement, Nous étions deux, rien que Nous deux, sans paroles inutiles.  Parce que, sans cesse, je me disait :  « Tout n’est qu’Amour, pour qui sait le voir ».

 

[Mode Conscience Rebelle OFF]

[Mode Belle Inconnue OFF]

08:59 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

Commentaires

Nola Toi ,tu as trop regardé la petite sirène avec Emma ;-)
Mais quelle vague d'émotions.
A plus mon ami

Écrit par : Yves | 14/08/2006

Yves heuuuuuuu non, pas la petite Sirène ;-)

Écrit par : Nola | 14/08/2006

Nola Rhooo pas avec Emma tout de même ;-)

Écrit par : Yves | 14/08/2006

Non ;-) je voulais dire que depuis un mois, j'ai bambi qui campe dans mon salon !!!!
Et il me viens des instincts de chasseur !!!!

Écrit par : Nola | 14/08/2006

"Tout n’est qu’Amour, pour qui sait le voir" .... j'apprends... pas facile... mais bon, je suis occupée à pAnser ma vie...

Écrit par : Le P'tit Caillou | 14/08/2006

Petit Caillou je crois que c'est ce qu'il y a de mieux à faire !

Écrit par : Nola | 14/08/2006

... ... pfouiiii (soupir de bien-être) ... waaaa (onomatopée d'applaudissement)...

Écrit par : Boudlard | 14/08/2006

Boud' Tu aurais du voir ce paysage, tu te serais très certainement plue !!!!

Écrit par : Nola | 14/08/2006

Nola Tu dois ABSOLUMENT garder précieusement tous tes posts, les sortir papier et les montrer ailleurs que sur ton blog. Vite. C'est ça, le talent.

Écrit par : Bille (kill bille) | 14/08/2006

~Ï~ heuuuuuuuuuu ;-)
vais rougiiiiiiiiiiiiir !

Écrit par : Nola | 14/08/2006

Nola c'est magnifique ce que tu écris
c'est ta façon d'écrire qui est magnifique
encore et encore pleaseeee

Écrit par : Ange | 16/08/2006

Ange Merci bien ! ;-)

Écrit par : Nola | 16/08/2006

*()* Après t'avoir lu, les mots ne sortent pas.
Je suis juste une fois de plus soufflée par tes mots et la puissance de ceux-ci. Merci


Écrit par : gaYa | 16/08/2006

GaYa Laisse tes mots à l'intérieur, ils s'y sentent bien, il y fait tout chaud ...

Écrit par : Nola | 17/08/2006

tu prends ton temps? et alors?

Écrit par : Bille | 17/08/2006

Bille Cooooooooooooooooool, y a pas le feu au lac ;-)

Écrit par : Nola | 17/08/2006

Je suis la gardienne des papillons Et j'en envoie qu'aux belles âmes
Mais attention je n'en offre que par petite quantité à la fois
car si ils sont trop nombreux dans le coeur dès qu'il y a une blessure ils s'affollent et blessent leurs ailes en voulant s'échapper
Peu nombreux ils ont la place pour voler et s'envoler dès qu'il y a danger
Je t'en envoie sept, nombre idéal
Ce sont des papillons magiques, ils partent dès qu'il y a blessures mais restent autour des yeux
Et reviennent toujours dans le coeur
Prends en soin

Écrit par : Ange | 17/08/2006

... La morale de cette histoire ? Plus besoin de cd, juste un mp3.

Écrit par : Leozz | 19/08/2006

Les commentaires sont fermés.