08/01/2007

Estampe Stellaire.

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Humeur Musicale du jour :  Rush de Depeche Mode

Humeur d’Emma : bisous, bisous, bisous …

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Ils sont tous venus au spectacle, voir le phénomène itinérant.  Le public est excité, les yeux déjà écarquillés par cette scène qui s’est déroulée tant de fois dans leur tête mais jamais devant leurs yeux.  C’est moi qu’ils viennent voir, comme toujours.  Je m’appelle Stella, ma profession : femme canon.

Je fais régulièrement mon entrée, juste après les clowns.  Une fois que le public à bien ri, ils doivent frissonner, c’est la méthode des deux extrêmes : passer en une seconde de la joie à la peur.  Ils viennent pour cela, ils paient pour cela.  Certains sentiments s’achètent et se vivent à prix d’or et les pièces que je reçois sont toutes poudrées de rêves inachevés. 

Le rituel ne change jamais, ma combinaison enfilée, mon gant droit puis mon gant gauche, mon casque, me voilà prête.  Le canon chargé de poudre grasse, je disparais dans sa gueule béante, attendant le moment où, une fois la mèche consumée, il me vomira avec force, crachant ses flammes comme autant de filets de bave attachés à sa bouche fumante de colère.  Alors je m’envolerai, éjectée par les déplacements d’air, explosée par la force du vent.  Je ne  m’envolerais que quelques trop courtes secondes, sentiment de liberté où la gravité se démesure en plaisir et non pas en moment.

Mais ce soir, ce sera différent.  Une lettre de Mon Aimé, quelques mots appliqués posément, rendant l’écriture ovale de douceur, une lettre me pressant de le rejoindre, parce que l’éternité est trop longue lorsque l’on meurt seul, dépossédé par les fausses nouvelles du destin.  Il m’a avoué être dépossédé du verre de mes yeux, pur cristal étincelant du vert de la folie.

J’ai décidé de le rejoindre, après mûre réflexion, en combinant les deux choses qui me tiennent le plus à cœur, ma liberté et mon Amour.

C’est alors qu’un nouveau rituel est venu se greffer à l’autre déjà existant : combinaison enfilée, mon gant droit puis mon gauche, mon casque, il ne manquait plus qu’à charger le canon de poudre, mais cette fois ci, beaucoup plus qu’auparavant, assez pour que je m’envole, assez pour le rejoindre, assez pour ne plus ressentir le poids des fautes, devenir léger, être léger, devenir poussière, n’être que poussière scintillante.

Les clowns ayant terminés leurs pitreries, c’est à mon tour, à moi.  Je tremble un peu sous l’excitation, aux cris de terreurs des spectateurs, je ne peux que renvoyer un sourire timide de première communiante : savent-ils ce qu’il va vraiment m’arriver ou leur besoin de sensation prendra t’il le dessus ?  Se rendront ils compte qu’il y a plus que l’étonnement et la peur, qu’il y a aussi le délire de l’ivresse, la délivrance terrestre ?

Je m’enfourne dans le ventre du canon, il y a moins de place, il y a plus de poudre.  Je me mets en position fœtale, de sorte à imiter le plus rond et le plus lisse des boulets.  J’attends des secondes interminables lorsque le roulement de tambour se fait entendre, crescendo.  J’entends que l’on allume la mèche, elle se consume dans un petit crépitement sonore et claquant comme quand l’acide ronge la craie.  Je me tapis encore, me bouchant les oreilles, redoutant la détonation.  Les tambours se font plus présent, substituant les battements de mon cœur, rendant effréné le rythme cardiaque.  Encore quelques millimètres de vies et …

Voilà, je suis partie, Une grande explosion, un vacarme époustouflant, suivi de beaucoup de fumées acres et suffocantes, et puis … plus rien, le vide, disparue de mon enveloppe charnelle, je suis partie sans les saluer, sans les voir.  La force était telle que je me suis envolée sans même me retourner, montant haut, très haut dans le ciel allumé de quelques étoiles malades.  Ils ne sont plus que des fourmis, en bas, alors que petit à petit, je peux m’étendre dans l’air, les pieds joints, les bras écartés, cerf volant de l’espace, oiseau inconnu de la galaxie, se rapprochant de Mon Etoile, qui se meurt de mon absence.  Je suis en train de le rejoindre, année lumière après année lumière, d’une vitesse invisible, d’un Amour grandissant, le cœur au bord des lèvres et les lèvres au bord du cœur.  Pour que moi aussi, à ses côtés, je puisse constituer avec Lui le début de notre Constellation et nous ferons en sorte d’enfin raconter aux comètes, le mythe et la légende du trapéziste et de la femme canon, trop de fois oublié, au delà du temps et de l’attraction repoussante des polarités fuyantes des artifices.

 

 

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15:23 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook |

Commentaires

Waouw ! J'adore tous ces mots et les subtilités avec lesquelles tu as su jouer.

Écrit par : Boudlard | 08/01/2007

.... (sans voix) ... Splendide, le seule problème c'est que les étoiles sont tellement loin, que quand tu y arrives ... elles sont mortes
A bientôt Ma Poule

Écrit par : Yves | 08/01/2007

Merci Boud' Il n'en aurait pu être autrement, n'est ce pas ?

Écrit par : Nola | 08/01/2007

Wi :-) Mais ça vaut quand même la peine que la magie soit soulignée.

Écrit par : Boudlard | 08/01/2007

~Ï~ Yves => c'est pour cela que l'on vole à la vitesse de la lumière !
Boud' => les magiciens ne sont rien sans leurs fameuses assistantes ! Ce sont elles qui captent l'attention. Les prestigiditateurs se contentent de faire des tour de passes passes ;-)

Écrit par : Nola | 08/01/2007

Oui Nola Mais le voyage se déroule comme dans la vie, dans un trou noir.
Tu as toujours l'angoisse de ne pas aller assez vite... pour rattraper la lumière

Écrit par : Yves | 08/01/2007

Yves Il peut y avoir de cela aussi !

Écrit par : Nola | 08/01/2007

une pluie d'étoiles On parle d'amas stellaire là-dedans?

Écrit par : melle bille | 09/01/2007

Fun de la constellation stellaire des lamas, bien évidement ;-)

Écrit par : Nola | 09/01/2007

Ce que j'ai voulu dire c'est que j'aurais bien voulu avoir un souvenir de nos deux regards qui se croisent, une "preuve" que son amour pour moi a existé, que ce que je suis devenue c'est grâce à elle, plutôt qu'à cause d'elle....

Écrit par : Le P'tit Caillou | 09/01/2007

Je ne pense pas que les preuves d'amour se voient en photo !

Écrit par : Nola | 09/01/2007

Je me doutais bien... que tu allais me répondre un truc dans le genre.... mais j'en ai besoin.... ou disons que ça me ferait du bien.... d'avoir ça plutôt que rien

Écrit par : Le P'tit Caillou | 09/01/2007

Ah joli *** Tu es là ! mwé faut dire qqchose d'intelligent ? bhé ce sera pour demain......zzZzz je retourne dormir ;))
bisou ^^

Écrit par : bio | 09/01/2007

Bio 'nuit ! ;-)))))))))

Écrit par : Nola | 10/01/2007

Preuves... "Tu aimais ton père ?
Oui.
Alors prouve-le moi !
Euuuhh"
(Contact R.ZEMECKIS)

Écrit par : Eric | 23/01/2007

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