08/02/2007

L'épars chemin

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Humeur Musicale : As I Sat Sadly By Her Side (devinez de qui ?)

Humeur d’Emma : J’ai la varicelle !

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Je me suis levé plus tôt aujourd’hui, enfin, c’est étrange parce que je ne me souviens pas de m’être couché.  Il y avait tous ces mots qui trottaient dans ma tête et qui se bousculaient pour mieux se faire remarquer, ils se surlignaient d’une fluorescence puérile comme lorsque l’on veut mettre l’accent sur une quelconque importance.  Nick et ses mauvaises graines se diffusaient au travers des membranes des haut-parleurs, de sa voix chaude et basse, il embrasait les vibrations de l’air, bourdonnante de sensualité malsaine où l’amour et la mort se côtoient que trop fréquemment.

J’étais devant la page blanche de la journée, elle virait un peu au gris, à cause de la pénombre qui m’emmitouflait de ses dégradés de couleur.  Une plume encrée à la main, le poignet reposé sur le feutre du papier, j’étais prêt à le chatouiller de mes arabesques indéchiffrables.    Mais le mouvement s’est suspendu à quelques millimètres du contact entre le vide et la fugitive, entre le tout et le rien.  L’encre noire s’échappait de la pointe, alimentant les bulles de ce qui aurait été des caractères calligraphiés, elle s’écoulait lentement, pour enfin venir se déposer sur la surface qui commençait déjà à l’absorber de ses fibres connectées.  Un léger plic se fit entendre, et une lentille opaque venait perler à sa surface.  On aurait dit un trou, mais à l’envers, non pas creusé, mais rebondi : la gravité de l’autre côté du miroir.

Il y a des mots qui viennent à vous, mais qui vous transpercent de leur sens acéré.  Ils ne font pas forcément mal, mais les forces qu’ils contiennent vous somment de rester alerte, aiguisé.  Et tel le funambule, vous essayer de traverser le fil de l’idée qui se tend entre vous et ses yeux verts.  Vous avez cette longue bascule entre les mains, vos pieds ne sont pas sûrs,  mais vous savez que vous devez traverser.  Enfin, vous tremblez un peu parce que la chute entraînera soit l’oubli, soit le commencement de l’oubli et vous tremblez d’autant plus fort parce que même la vieillesse se moquera de vous, salope impitoyable qui ne se rappellera même pas de votre nom.  Alors vous traversez, en oubliant les risques des mortels, sachant que les risques qu’Elle subit, sont d’autant plus terriens et râpeux que le nuage des vôtres.  Vous traversez ce qui sépare les mondes, faisant fi des bousculades impromptues et des nœuds glissants qui essayent de vous faire trébucher.

J’ai reposé la plume, en une longue trace d’amertume.  Les mots m’ont transpercés, je dégoulinais de la froideur de leur vérité.  Mes doigts, ancrés sur le papier froissé, se faisaient Dalmatiens par endroit, immobiles et tétanisés par la chaleur artificielle, vous savez, cette chaleur glacée que le corps fabrique pour essayer de vous faire oublier que vous n’êtes finalement plus grand chose.  L’oubli, encore lui !

La lumière éteinte, la pénombre devient noirceur, Nick n’arrête pas de hurler les évidences.  De la fenêtre ouverte s’engouffre la poussière glacée de l’espoir qui se colle à vous par plaques rigides et craquantes.  Le réverbère, dans un halo farineux de lumière trop rouge pour être apaisante, vous renvoie ses faveurs éclairantes, comme une pute aguichante et qui vous le fera bien payer.  Et dans le ciel qui n’existe pas, les anges se racontent la dernière blague humaine, ils éructent, se bidonnent en se tenant la panse, ils se secouent de rires gras faisant tomber leurs quelques plumes fanées, vestiges de leurs dernières mues.

De la fenêtre ouverte, les premiers flocons descendent du fiel de la terre, bientôt il fera blanc, il fera quiétude, mais il fera toujours mal parce que rien n’a été résolu.

 

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Dessin de Mark Smith

13:17 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

Commentaires

Cher Nola,
Je ne comprendrai jamais rien à la poésie:
"On aurait dit un trou, mais à l’envers, non pas creusé, mais rebondi: la gravité de l’autre côté du miroir."
Pourquoi pas un monticule ou un "trou pseudoscopique", comme on dirait en physique? (*)
Tu m'as aussi fait peur avec les anges et les putes aguichantes: les anges étant asexués, ils ne peuvent pas avoir d'orgasmes. Ton récit se devait de rester crédible et tu t'es donc, à juste titre, contenté de leurs rires gras! ;)
Amitiés.
(*) pseudoscopique: dont l'effet de relief (ou parallaxe) est inversé.

Écrit par : Armand | 08/02/2007

Quand tu oublies ... C'est que les mots semaient l'ange ...

Écrit par : Yves | 08/02/2007

Armand Haaaaaaaa très cher Armand,
Si la physique avait été poétique, l'eau serait rouge, le soleil bleu, les étoiles cyan et les regrets ... relatifs !
En ce qui concerne les anges, qui à dit qu'ils étaient asexués ? Qui à pu le prouver ???? En tant que scientifique, je pensais tu vérifiais au préalablement les hypothèses avant de démontrer ;-)
Pour terminer, une des raisons pour laquelle je préfère la poésie à la physique c'est qu'avec une erreur de parallaxe, on peut modifier la course des étoiles !

Bien à toi.

PS : parallaxe au sens psychologique du terme, bien évidement !

Écrit par : Nola | 08/02/2007

Yves joliiiiiiiiiiiiiiiiii !
Un peu comme L'Ange Oliver Protège les Roux ? C'est ça ?

Écrit par : Nola | 08/02/2007

exactement Comme
Sir Oliver twist a sont âge il va se faire mal ;-)

Écrit par : Yves | 08/02/2007

Et de plus si au physique, tu pars a l'Axe, tu vas toutes les faire tomber

Écrit par : Yves | 08/02/2007

Yves Festival fieu !!!!

Écrit par : Nola | 08/02/2007

hihihi ;-)

Écrit par : Yves | 08/02/2007

allez fais pas ta gênée ;-)

Écrit par : Nola | 08/02/2007

Tu sais bien que je suis un grand timide hein ;-)

Écrit par : Yves | 08/02/2007

;;; HA BON§

Écrit par : anita | 08/02/2007

rhalala c'est tjrs fort par ici ;)))
et la titoune a la varicelle ,ça gratte ça non ? pov' chou

Écrit par : bio | 08/02/2007

::: IL y a des mots qui viennent à vous, mais qui vous transpercent de leur sens acéré. Ils ne font pas forcément mal, mais les forces qu’ils contiennent vous somment de rester alerte, aiguisé

MERCI POUR TOUS CES MOTS
JE DEVIENS FAN A TIC!!!

Écrit par : Elise | 09/02/2007

Elise Je t'en prie !

Écrit par : Nola | 09/02/2007

Bonjour Mieux vaut être fanatique que femme a tique
Ok je sors

Écrit par : Yves | 09/02/2007

Yves pas besoin de te montrer le chemin, tu sais où se trouve la porte hein ? ;-)

Écrit par : Nola | 09/02/2007

Oui Nola Je porte ma croix sur le petit fond rouge ;-)

Écrit par : Yves | 09/02/2007

Les commentaires sont fermés.