14/02/2007

Amore/A Mort

[Mode Individu ON]

Humeur Musicale : Sexual Healing de Marvin Gaye.

Humeur d’Emma : J’ai toujours la varicelle !

[Mode Individu OFF]

 

[Mode Individu ON]

 

Cela aurait dû être une journée spéciale aujourd’hui.  Une de ces journées où l’érotisme se fait malsain,  une de ces journées où certains s’efforcent de nous dicter l’amour qu’ils ne peuvent plus offrir.  J’avais rassemblé les coussins, quelques écrins d’encens, éparpillé des fleurs lumineuses pour égayer l’intérieur humide.  J’avais tout préparé, comme un bon élève qui assisterait à sa classe en ayant retenu toutes ses leçons et faits tous ses devoirs.

On sonne à la porte, ça doit être elle.  Une rapide vérification aux alentours, tout semble pour le moins plausible.  J’ouvre. 

Elle sourit, je souris, on s’embrasse, elle entre.  Je passe le premier, elle est derrière moi quand un coup violent sur la tête me fait perdre l’équilibre, je chancelle, je trébuche, essaye de me relever.  J’ai un genou pour terre, ma tête me fait mal, je passe la main dans mes longs cheveux, ils collent, ils sont poisseux, du sang dans la paume, ça tourne, l’encens me pique la gorge, j’ai des taches brillantes devant les yeux, j’essaie de m’agripper au guéridon, je le manque, j’évalue mal les distances, tout se trouble, j’ai mal, la main danse dans le vide, j’essaye de me relever, impossible, un deuxième coup sur la tête, le noir, la délivrance, l’espace.

Un peu de lumière diffuse, le noir, une odeur âcre, le noir encore, j’ai froid, toujours le noir quand soudain une douleur intense et nauséeuse me vrille la nuque.  J’ouvre les yeux, je suis assis sur une chaise, ligoté par ses bas résille aux chevilles et ses foulards aux poignets.  Elle me regarde sans un mot, un petit sourire narquois vient déformer la commissure de ses lèvres, impossible de se détacher, je suis … prisonnier ???

Je regarde par terre, le vase qui contenait quelques fleurs est brisé, je suppose qu’elle s’en est servi pour me frapper.  Elle me regarde toujours, je lui demande des explications.  Pas de réponses.  Je lui somme de m’expliquer ce qu’il se passe, je le lui ordonne, toujours pas de réponses, elle me regarde encore, se délectant de la détresse qui commence à éteindre mes yeux, sans un mot.  Pas moyen de se débattre, je lui gueule de me détacher, c’est quoi ce bordel ?  Toujours pas de réponses. J’ai le cœur qui bat à rompre les membranes comme de violent coup de canons qui explosent dans ma poitrine, j’essaye encore de me détacher, rien à faire, je me coupe les poignets avec la soie de ses foulards, quelques gouttes de sang viennent s’effriter sur le tissus.  Pas moyen de bouger, impossible d’incliner la tête sinon la douleur se fait encore plus présente.  Je hurle, je crie à l’aide, au secours.  Rien, pas un bruit, pas de voisins, pas de happy end à la Hollywood, pourtant je fixe la porte, espérant que quelqu’un la défoncera et viendra me libérer.  Personne.  Elle me regarde toujours dans un mutisme sans reproches, elle se détend, prend son temps, se lève et va dans la cuisine.

Elle revient avec un couteau de boucher, elle joue avec sa pointe contre mes joues, mes oreilles, ma bouche.  De quelques coups secs, elle me lacère la chemise, je suis torse nu.  Elle retourne dans la cuisine.  Je ne sais pas quoi, ni comment, je ne vais pas faire le coup de : « hahaha, quelle bonne blague, et dire que j’ai failli marcher, ça va tu peux revenir, on s’est bien marré ! ».  Parce que ce n’est pas une blague, et parce que c’est trop pathétique.  La vérité, c’est que je suis en train de chier dans mon froc !  J’ai les entrailles qui se contorsionnent, la tête qui me frappe son malaise, je suis attaché à une chaise, chez moi, et je ne sais pas pourquoi !

J’entends le tintement de la minuterie du micro ondes.  Elle revient avec une tasse.  Elle s’approche de moi, je vois le liquide qui fume et qui bouillonne encore.  Sans avertissements, elle me jette l’eau bouillante sur la poitrine.  Je crie, je m’étouffe un peu dans quelques hoquets de douleurs, des cloques remplies d’eau zèbrent ma peau rougie par endroit et fumante de douleur.  Elle me regarde toujours, sans un mot, sans un souffle.  Je crie, je lui demande d’arrêter, ça fait mal, espèce de salope !  Arrête !!!  Ma peau se craque, je ressemble à de la volaille rôtie, je fume d’écorchures lézardées, je pèle de souffrance !

Elle repart dans la cuisine, revient avec une petite cuillère.  Elle s’approche de mon visage, instinctivement, j’esquisse un mouvement de recul, mais limité dans le geste et par la douleur.  Je ne peux rien faire, si ce n’est que me résoudre.  Elle s’approche de mon œil gauche, commence à y introduire l’embout, partant du canal lacrymal.  En faisant un mouvement de levier sur le nez, elle sort l’œil de son orbite.  Il commence à pendre, seulement retenu par le nerf optique.  Je vomis, je me vomis dessus comme un gosse sans repères, d’un œil je la fixe, l’autre fixe le sol, immobile et énucléé !  Elle approche sa main, elle à fait une manucure et posé de faux ongles, pour moi ?  Elle agrippe la masse gélatineuse, la soupèse, la ballotte, et l’arrache sans avertissements.  Un jet de sang vient colorer le vomi jaunâtre, tiens, on dirait une peinture de Van Gogh avec ses à plats de couleurs.  Je vomis encore de la bile et des glaires noires-verdâtres.  J’ai des haut le cœur, je veux pour re vomir, mais l’estomac est vide, je sens l’œsophage qui se déchire un peu, je ne parviens qu’a ravaler le sang qui commence à se répandre à l’intérieur de moi.  Je vomis ce que je viens d’avaler, un vomi hémorragique qui ajoute un peu de rouge carmin à la toile qui est en train de naître entre mes jambes.

J’ai mal, je pleure de l’œil qui me reste, je voudrais être ailleurs, je commence à ne plus penser, juste subir, je suis en état de choc, hébété, vrillé, endolori, brûlé, déchiré.  Pas de pourquoi, pas de comment juste la douleur, elle et encore elle !

Elle me regarde toujours, je la vois, je ne la regarde plus, je n’arrive plus à distinguer la psychologie de ses traits, je n’arrive plus à lire son visage.  Je suis une marionnette pendouillante, qui attend que l’on tire les ficelles pour bouger.

Elle repart dans la cuisine, revient avec des pics à brochettes en métal.  Je ris tout haut en lui lançant que je ne savais pas qu’elle avait des qualifications pour traiter les maux à l’acuponcture, pas de réponses, je perds pieds alors qu’elle m’enfonce un à un et lentement les pointes dans les bras, les jambes, les chevilles et au niveau des côtes.  En s’enfonçant, quelques lambeaux de chairs sont arrachées, quelquefois, elle vient buter sur des os qui finissent par craquer sous la pression et la force de ses deux mains.  Je n’ai plus le courage de crier, et pourtant j’ai si mal !  J’ai les nerfs qui passent en alerte rouge, situation d’urgence, il faut faire quelque chose, mais je suis incapable d’esquisser le moindre mouvement, incapable de me défendre.  Je ressens des explosions de douleurs dans tout mon corps telles des bombes atomiques qui viendraient m’arracher de l’intérieur.  Je ressemble à une triste poupée vaudou, envoûtement par le mal, pour le mal.

Je la regarde, la bave aux lèvres, le souffle haletant, la pupille qui se dilate et se contracte, au rythme des battements de mon cœur, je saigne, que dis-je, je suis une rivière de sang, une fontaine qui ne s’arrête plus.  J’ai froid, je n’ai plus de force, je tremble et je me glace.  Je la fixe, toujours pas un mot, toujours ce sourire, effroyable de sérénité et de quiétude.

Il lui reste encore un pic, le dernier.  Elle agrippe mes cheveux, je veux me démener, mais je n’y arrive plus, violemment elle abaisse ma tête vers le sol, la nuque à nu et offerte.  Je vais mourir tel un taureau dans une arène sans issue, ce soir, elle dormira sur ses deux oreilles !  Ses seules paroles seront : « joyeuse Saint Valentin mon amour », tandis qu’elle me plantait la dernière broche, entre les deux vertèbres cervicales et ressortant par la gorge.  Plus moyen de parler, je m’éteins, la douleur s’en va doucement tandis qu’un dernier jet de sang vient mourir sur le tapis du salon, coagulant l’effroi et l’amour.  Ma lumière s’éteint, je ne suis presque plus.

 

Cela aurait dû être une journée spéciale aujourd’hui.  Une de ces journées où l’érotisme se fait malsain,  une de ces journées où certains s’efforcent de nous dicter l’amour qu’ils ne peuvent plus offrir.  A bien y repenser, ça l’était !

 

[Mode Individu OFF]

11:02 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook |

Commentaires

Cher Nola,
Tu as une vision bien bizarre sur ce qu'est un coup de foudre (sur ton crâne) et de l'amour (jusqu'à ce que la mort nous sépare)... ;)
Amitiés.

Écrit par : Armand | 14/02/2007

Armand héhéhé, en effet !

Écrit par : Nola | 14/02/2007

Waaaoooouuuuuu Toi au moins tu as compris, l'amour rend aveugle, les papillions dans l'estomac font gerber, les femmes te piquent tout et pour finir tout se termine dans un bain de sang !!

Écrit par : Yves | 14/02/2007

Hahahahaha Yves, toujours aussi cynique hein!!!

Écrit par : Nola | 14/02/2007

Cynique... Tu crois ? ;-)

Écrit par : Yves | 14/02/2007

tu vois tu l'es encore !

Écrit par : Nola | 14/02/2007

Oui je sais La vie m'a rendu un peu amère

Écrit par : Yves | 14/02/2007

Moi je dirais que la vie m'a un peu rendu mammaire ;-))))

Écrit par : Nola | 14/02/2007

Vaut mieux être mammaire, que mon père, mes frères et mes soeurs... oooohooooo ce serait le bonheur !!!!

Écrit par : Yves | 14/02/2007

ahhaa je l'attendais celle là !

Écrit par : Nola | 14/02/2007

Tu attendais qui mammaire ... elle est morte, c'est devenu une sein(te)

Écrit par : Yves | 14/02/2007

Yves tu vas te faire mal !

Écrit par : Nola | 14/02/2007

Non ça va, je m'ai pas fais mal ;-)

Écrit par : Yves | 14/02/2007

Yves looooooool

Écrit par : Nola | 14/02/2007

dis donc Nola qu'est ce qui t'arrive ; on se croirait en Cour d'Assises. "Je me coupe les poignets avec la soie de ses foulards". En principe le foulard, c'est pour étrangler , ou pour bâillonner. mais bon, pourquoi pas ...

Écrit par : discrète | 15/02/2007

l'amour a mal l'amour finit toujours comme çà
du sang à fusion

Écrit par : Elise | 15/02/2007

mhummm t'as des tendances maso ? ;)))

Écrit par : bio | 15/02/2007

~Ï~ La discrète => chacun son truc ;-)
Elise => Love never dies !
Bio => meuuuuuuuuuh non, qu'allez vous croire la très chère ! ;-)

Écrit par : Nola | 16/02/2007

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