08/03/2007

Autoportrait (2/2)

[Mode Individu ON]

Humeur Musicale : The Queen and the Soldier de Suzanne Vega (à écouter absolument, les paroles sont superbes !!!)

Humeur d’Emma : et pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiii ???? (Ad Lib)

[Mode Individu OFF]

 

[Mode Individu ON]

[Mode Belle Inconnue ON]

 

… Elle avait raison, je pense bien que la torture ne fasse que commencer, il qu’il me faudrait poursuivre l’insondable chemin qui sépare la raison de la connaissance …

Que voulait-Elle dire ?  Pourquoi Autoportrait ?  Merde, j’ai un tabouret devant moi, avec quatre pieds et quelques fils accrochés qui y pendent !  C’est du grand n’importe quoi, ce n’est pas de la torture, c’est juste un genre de cruauté.  J’y ai passé toute la nuit, les fugitives s’entrechoquaient en moi à la vitesse de la lumière, mais rien, pas une ébauche de solution,  même pas un début ! Pour la première fois de ma vie, j’étais nu et frêle devant l’adversité, devant ce moi-même qu’Elle à découvert et que je peine à rencontrer.  Je n’ose pas lui demander la solution, Elle rirait de ses yeux verts moqueurs et pire, je crois que cette défaite abolirait le peu de relation qui nous reste, comme si j’étais vaincu, terrassé par la légèreté de ma propre stupidité, de l’incapacité du devenir : cauchemars récurrents où gamin, toute la classe se moque de vous en riant et que vous ne voulez pas savoir pourquoi.

C’est ma faute, j’ai milles vies en moi, milles vies que j’ai vraiment vécues, pas au sens matériel du terme, bien sûr, là haut, par delà les toits, au Thé au Mascara ou encore dans l’obscurité des vivants,  enfin partout où je me sentais libre, aimé et aimant.  J’ai vécu toutes ces vies, m’idéalisant une image et une pensée en les projetant tout autour de moi,  narguant mes propres désirs, annihilant mes propres faiblesses et essayant d’apporter aux autres tout ce que je cherchais à recevoir, peu m’ont compris, une m’a compris, c’est bien assez comme cela.

Le bien, le mal, la douleur et l’amour, voilà ce que je cherchais, voilà ce qu’Elle m’a offert et voilà ce que, malgré les apparences, Elle m’apporte encore.   C’était exquis et perturbant en même temps, distillé comme des grains d’eau qui s’évaporent dans le feu mais qui deviennent vapeur en remplissant l’air, le chargeant de douces particules humides et oppressantes.  Des grains d’eau alimentant la clepsydre perlant le tic-tac de la Vie.  C’est un peu comme les quatre piliers d’un immense tout, d’une immense assise.  Les quatre piliers … d’un tabouret ?

 

Les secondes qui suivirent ne furent que pur silence, immaculé et androgyne, je commençais à être sur la voie, les quatre piliers qui supportent l’assise. Oui, j’étais dans le bon.  Mais pourquoi tous ces fils qui s’accrochent, qui se mélangent parfois, qui se contournent et qui se parrallèlent ? Pourquoi ce cousu de blanc vient-il s’entremêler comme des boulets qui entravent les pieds, comme si j’étais incapable de marcher, retenu par des petits morceaux de cordes puissantes et immuables ?

Des vies, des vies, des vies et des vies, je ne fais que parler de cela, des vies, et ce sont elles qui s’accrochent, ce sont elles qui se collent au bien et au mal, les prolongements de la douleur qui viennent rencontrer l’amour, qui se dirigent vers le bien mais qui tendent vers le mal.  Labyrinthe vectoriel, où tous les morceaux constituent un puzzle vivant mais qui n’existe nulle part que dans ma tête.  Ces fils, ces sont des vies, toutes celles qui ont existé et peut être celles qui me reste à expérimenter.  Une sorte de toile arachnide anarchiste et chaotique, des méandres de soies qui m’immobilisent, mais qui fait que je peux supporter l’assise du cul de MA vie, et qui ne se gêne pas pour me le recracher à la figure !

Ces fils qui s’entrecroisent, je ne pensais pas qu’il y en avait autant.  Et pourtant, là, maintenant, je suis soulagé, je regarde cet autoportrait d’un autre œil, je ris un peu de l’ironie de la situation.  Tout ça pour ça, mais au moins, je pourrais partir les yeux grands ouverts, j’y glisserais quelques émeraudes, pour La regarder, et sentir son reflet qui viendra trancher le bien, le mal, la douleur et l’amour.

Toute ma vie, représentée par un tabouret et quelques mèches de soie … 

 

 

autoportrait

 

 

[Mode Belle Inconnue OFF]

[Mode Individu OFF]

 

Photo Philippe Van Snick

14:11 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Commentaires

Rope et pas Rape (en Anglais: je m'améliore.) Cher Nola,
Enfin, tu compris (langage châtié) la torture: Sous l'emprise de la mescaline (voir l'épisode précédent), elle avait arraché les cordes de la guitare Stradivarius du musée de la musique de Paris pour les nouer sous un vil tabouret ...
Amitiés

Écrit par : Armand | 08/03/2007

Le fameux viol de la corde ! ;-) Et oui, Stradivarius à créé quelques guitares, me demande quand même si elles sonnent ?
Sinon, tout va ?

Écrit par : Nola | 08/03/2007

Cher Nola,
Pas de raison: la forme de la caisse ressemble...
De toutes façons, celui qui en achète un (au prix fort) ne dira jamais qu'il s'est fait avoir! ;)
Amitiés

Écrit par : Armand | 08/03/2007

Ben pour les guitares je ne sais pas trop, je crois que c'est un coup de coeur, tu aimes ou tu n'aimes pas, tout dépend du son que tu recherches.
Mais je suppose que pour les violons, ça doit être la même chose ;-)

Écrit par : Nola | 08/03/2007

Autoportrait incroyable et qui a l'air tellement vrai. Dis, Nola, tu me lances un mot que je puisse dérouler les miens ?... suis en panne, en passe, en vrac.

Écrit par : Boudlard | 08/03/2007

Coupe mes fils

Écrit par : Yves | 08/03/2007

^^ b'soir ;)

Écrit par : bio | 08/03/2007

Yep Dis...Tu veux me faire vieillir avant l'âge???...Tu te rends pas compte de l'effort que je fais en venant te lire :-)....Après j'en ai les yeux qui scintillent...
Je parle de la couleur de ta police...ce jaune fluo...pense aux vieux, Chou :-)

Écrit par : Sioran | 09/03/2007

la corde raide c'est pour mieux maintenir l'équilibre, mon doux...

Écrit par : melle bille | 10/03/2007

~Ï~ Bio => Bonjour !
Sio => M'enfin, fringuant et frétillant comme tu es !!!
Mlle Bille => oui, tout est une question d'équilibre ;-)

Écrit par : Nola | 12/03/2007

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