27/06/2007

La corde raide/l'accordeur aide

[Mode Individu ON]

Humeur Musicale : Fake Plastic Trees de Radiohead

Humeur d’Emma : Poupousss

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[Mode Belle Inconnue ON]

 

 

A l’heure de ma dernière vie, quand j’aurais vécu toutes celles que je me suis imaginé, je pourrais enfin couper les cordes qui me relient à votre monde et qui ne m’attire plus, toutes excepté une seule, pointant vers le ciel, rugueuse et droite comme les lances qui transpercent les flancs des innocents meurtriers et qui jusqu’au dernier moment clament leur candide culpabilité.

Je me cacherai devant la rédemption, j’ai cessé d’y croire : aimantation vers le sol des vivants démagnétisée par le poids des blessures que nous portons en nous et que l’on appelle le passé.  J’ai vraiment cessé d’y croire, parce que le pardon n’efface pas au contraire, il met en évidence la honte d’une âme plus faible envers une autre, beaucoup plus forte, implorant la Force Divine, celle là même qui veut nous faire croire que la torture et le crime de son propre fils ont étés exécutés au nom de l’Amour et non de la putride Pitié.

Vous serez tous là à observer le pantin de bois, inarticulé et vide, se balançant sur un piédestal immatériel, dernier rempart contre la conscience, image holographique de l’assise qui basculera. Vous serez là à vous demander pourquoi, mais ne cherchez pas, il y a certaines histoires qui ne méritent pas d’êtres racontées et surtout ne me pleurez pas parce qu’il y a certaine mémoires qui ne méritent pas d’être ravivées.  Soyez  juste vous, enlevez vos masques de tristesses, ajustez vos robes et vos cols.  Vous serez tous beau devant ma mort, vous lui sourirez parce que je vous offrirais mes éternels.  Ils ont été apprivoisés avec soin, ils m’ont aidé à devenir, ils m’ont aidé à souffrir et à aimer, à moins que ces deux derniers ne veulent dire la même chose mais croyez moi, sans eux, je n’aurais pas eu la force, et sans eux, je me serais éteint bien avant de mourir.

A Toi, magnifique inconnue aux yeux verts poudreux comme des pigments d’orages, je te laisse mon dernier souffle.  J’aurais aimé que tu me caresses une dernière fois, que tu m’emportes dans tes entrailles, que tu me dises que sans moi le rituel ne serait pas le même, une dernière fois.  Mais je n’étais pas assez pour m’immiscer dans ta sublime magnificence.  Je n’étais que moi, parmi mes moi, et malgré tout, ce n’était pas assez.

Alors, emprunte de la grâce des grandes, tu t’approcheras, une dernière fois, tu approcheras ta bouche de la mienne et mon dernier souffle se fera soupir.  Langoureux et sensuel comme quand les nuages se déchirent et que les premières gouttes électriques viennent huiler nos corps nus et enlacés.  Langoureux et sensuel comme quand la couronne que tu portes vient se briser sur le sol, éclatée en mille joyaux, la fierté de la Reine devenant l’innocence de la femme, le courroux de ton Roi l’emportant sur la sagesse du Fou, qui habitués aux diagonales de tes sentiments se flétri, à l’emporte pièce.

 

[Aujourd’hui matin, entre 5h17 et 5h30, au fond d’une grotte, les larmes imbibées de mescaline, juste pour me voir mourir, une dernière fois]

 

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12:23 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

12/06/2007

Love Letter

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Humeur Musicale : Inner Suicide d’Injecting Khaos

Humeur d’Emma : Poupousss

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Au creux de mes doigts glisse l’enveloppe blanche et satinée, elle vient se déposer sur la table, telle un drap de vent en mouvement.  Je relis l’adresse, embrasse la destinataire une dernière fois.  Lettre d’Amour qui s’en ira, comme un appel hurlant vers ses pensées.  Des mots que l’on lit et qui résonnent dans la tête oubliant les lamentations du cœur et la faiblesse de l’espérance ne gardant qu’un ultime tremblement en guise d’émotion.

 

Du bord des lèvres s’extirpent les mots de l’enveloppe blanche et satinée, ils viennent se déposer sur son parfum cuivré et capiteux mariant le ressac des sentiments et la marée du Clair de Lune.  Lettre d’Amour qui s’en ira, comme les prières du Thé au Mascara.  Des mélopées qui enivrent et qui étourdissent, des répondants courts, chuchotés à peine parlés.  Des regards, plus que des paroles, dans son obscurité si verte, alambiquée d’absinthe crucifiée par l’ardeur des non dits.

 

Du bout des yeux pleure l’encre de l’enveloppe blanche et satinée, les mots s’agrandissent comme des cristaux démesurés au fur et à mesure que les gouttes salées les déforment.  Lettre d’Amour qui finalement ne s’en n’est pas allée, retenue par la peur de savoir ce que finalement, on craignait le plus.  Des lignes qui s’entremêlent, comme les vies qu’elles décrivent, noire comme la plume du corbeau, mais luisante comme l’argent qui glisse le long de la pointe à parole.

 

Lettre d’Amour, parchemin des érudits, des écrits qui aiment et des paroles qui attendrissent.  Lettre d’Amour, pourquoi, un soir d’hiver, t’es-tu brûlée, consumant ce qui me restait de vie et d’envies, emportant les traces patinées des caresses du petit matin, usant les regards ténébreux et appuyés des deux qui se sont toujours aimés.  Lettre d’Amour 

 

[Mardi Matin, entre 4h03 et 4h35, le sentiment d’avoir dû le faire, la blessure de ne pas l’avoir fait, le cœur crissant sous la plume, l’errant se noyant dans l’écume]

 

Photo : le Thé au Mascara, la tristesse crépusculaire annonciatrice.

 

[Mode Belle Inconnue OFF]

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14:18 Écrit par Nola dans Général | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook |