[Mode Individu ON] Humeur Musicale du jour : Marooned the Pink Floyd (héééééé oui, encore aujourd’hui !) Humeur d’Emma : La po’t, la pooooooooo’t [Mode Individu OFF] [Mode Belle Inconnue ON] [Mode Individu ON] 
Je dégouline de vase visqueuse et tempérée : je ne suis pas encore fini. J’attends qu’Elle me donne vie, qu’Elle me fasse prendre forme, j’attends le devenir comme un fœtus en gestation, endormi dans le creux de terre qu’Elle s’empresse de chérir. Elle a commencé avec ces petits riens qui préviennent les grandes aventures, juste un peu de glaise, une coupe d’eau et une sensualité à fleur de peau. Elle a commencé avec une vague idée en tête, une image déchirée de magazine périmé pour servir de fond. La forme elle, sera plus profonde, plus perfectible, excusant l’infirmité des approches par quelques exquises doléances délétères. Je me laisse pétrir, malaxer, caresser, chaque contact me rendant plus malléable à ses épanchements, ma texture se réchauffant au fur et à mesure qu’elle décrit les angles et les courbes qui formeront mon corps, au gré de son imagination disparate, au gré d’envies fétichistes. Elle me formait en son sein, érigeant la stature, statuant sur l’effet des vagues formées par le souffle de ses doigts, alors que je n’étais pas encore sec, alors que j’étais toujours vierge de parures noueuses et violacées. Quelques fois, c’étaient de larges à plats étendus furtivement qui me recollaient à Elle, peignant et lissant les surfaces, dessinant au couteau les marbrures des poignets. Elle se détachait de moi parfois, juste pour avoir une meilleure vue d’ensemble, ses gestes précis corrigeaient les défauts, modifiaient l’acceptable, sublimant l’illusion pour créer l’envie, sublimant l’envie pour créer le désir. Telle une généticienne plastique, elle ne prétendait pas corriger les errements de la nature, mais plutôt rectifier les erreurs de Dieu ! Ses mains et ses doigts courraient sur ma peau livide trahissant la fébrilité de ses tremblements. Jusqu’alors, je n’étais que sa chose, immobile de vie mais étourdie d’un Amour pro-créateur, je me laissais naître par à coup, par la volonté de ses orgasmes, comme un cadeau longtemps attendu mais pas encore déballé. Elle à fait couler en moi, du vernis bordeaux, brillant de fruits mûrs, exposés au soleil. Un bordeaux sombre d’écume et ruisselant de vitalité, pour me donner la possibilité de la conscience. Elle a patiné mon enveloppe extérieure d’huile satinée, appliqué à même la pulpe de ses doigts tressaillant, musquée de senteurs érotiques qui aveuglent la raison, uniquement pour la folie de ces départs qui induisent ces funèbres retrouvailles. Elle m’a attaché, relié à Elle par des câbles à contre courant, m’usurpant une sensibilité de femme, dans un corps d’homme. Elle m’a partagé à Elle, m’offrant ses tourments et ses peurs comme d’autant de sacrifices. Décontenancé par toutes ses preuves immaculées de tristesse, mon cœur avant de battre s’est brisé, écaillant les veines, fissurant l’amalgame déterré de l’humain que j’étais devenu. Elle ne m’a pas fait à son image, il n’est nul besoin de personnifier la beauté. Elle m’a juste fait, comme une mère incestueuse qui projetterait sa douceur et son affection sur l’enfant qu’elle vient d’accoucher. Elle m’a fait, par Amour, pour l’Amour, et je dois vous dire, qu’il suffit qu’elle me regarde avec ses amandes émeraude pour que j’en comprenne l’essence. Ces mêmes pierres, choisie par son créateur, lorsqu’Elle n’était encore que ces petits rien qui préviennent les grandes aventures. [Mode Individu OFF] [Mode Belle inconnue OFF] |